32- Au secours j'ai 30 ans.
Je ne veux plus ressembler à Mickey Rourke, Vanessa Paradis a bien grandi elle aussi, Béatrice Dalle n'est plus la femme idéale. J'ai du cholestérol, quelques graisses autour des hanches, des ridules autour des yeux, quelques cheveux blancs. Je me sens mieux qu'à 20 ans, le regard des autres me gêne moins, je suis plus heureux. Je ne suis toujours pas comédien, cinéaste, chef opérateur, producteur, metteur en scène. Je ne suis pas marié avec Virginie Ledoyen, Ludivine Sagnier, Elodie Bouchez ou Benoît Magimel. J'écris des choses sans intérêts pour faire mon interessant et je mets en scène ma vie de manière à ce qu'on s'intéresse à moi, même le plus banal évènement prend une importance démesuré. Je ne fréquente plus les gens par intérêt, et je n'ai jamais réussi à coucher pour réussir. Ma libido s'amoindrit, mais ce n'est pas plus mal. Il parait qu'il me reste encore plein de choses à accomplir, mais je ne sais pas par quel bout commencer. J'ai encore des rêves et des fantasmes à assouvir. Finalement je n'ai que 30 ans.
12.10.06
10.10.06

34- La petite voleuse
J'ai 6 ans et demi. Je suis avec ma mère en ville en train de faire les magasins. Ma mère est trés coquette, elle s'habille toujours trés bien, elle se maquille et elle a beaucoup de paires de chaussures. Elle est au chômage. J'adore faire les magasins avec elle. Elle m'achète toujours plein de choses, des 45 tours de Karen Chéryl et de Jean-Jacques Goldman, des salopettes en jean.
Mais là, ça fait quelques mois qu'elle ne m'a rien offert. Je suis un peu frustré du coup. Mais elle l'est encore plus. On entre dans une parfumerie. Il y a du maquillage partout, des odeurs de poudre et de vanille, des couleurs chatoyantes sur les produits que l'on met sur les ongles et sur la bouche, des vendeuses tout sourire trés maquillées, qui sentent fort l'eau de cologne. Ma mère essaye les rouges à lèvres, se parfume de Chanel, regarde les mascaras et les fards à joues, et sans crier gare remplit les poches de mon blouson Snoopy de crayons contours des yeux, de rimmels, de rouges à lèvres. Nous sortons tranquilement de la parfumerie, et ma mère trés polie salue les vendeuses.
"C'est notre secret. Il ne faudra jamais le raconter à personne. Tu promets?"
J'ai depuis ce jour là une peur panique du vol, du pillage, de l'emprunt. Mais je ne peux pas m'empêcher de le faire quand même. Pas que je vole dans les magasins, non j'en suis incapable, mais je ne peux pas m'empêcher de voler les gens. Leurs histoires, leurs doutes, leurs vies quelquefois. J'ai vécu plein d'histoires d'amour par procuration. J'ai couché avec tout un tas de personnes sans jamais avoir vu le grain de leur peau. Je suis un petit voleur.
11.7.06
33- Ma femme est une actrice.
Cela fait une semaine que j'ai rompu, et cela fait 2 jours que je vis chez Catherine Deneuve. C'est trés sympa chez elle. Et grand. On passe nos journées ensemble, on écoute des disques, Beth Gibbons, Alain Bashung, je lui ai fait découvrir Barbara Carlotti, on mange des plats cuisinés par le traiteur Thaï du bas de la rue, et on discute. Peut être que je suis en train de tomber amoureux d'elle. En même temps, elle est trés différente dans la vraie vie. Elle n'a rien à voir avec ses personnages. Elle rigole tout le temps, et elle n'est pas froide du tout. En tout cas elle est moins froide que Carole Bouquet. Mais elle est moins chaude qu'Emmanuelle Beart. Je l'aime beaucoup.
Quand elle m'a proposé d'emmenager chez elle, j'ai d'abord refusé. Vous m'imaginez, moi le comédien râté vivant chez Catherine Deneuve! Mais elle a tellement insisté qu'au bout d'un moment j'ai dit oui. Je crois qu'elle se sentait un peu seule, et moi aussi. Elle avait envie d'un peu de distraction avant son prochain tournage. Comme je ne travaille pas en ce moment, je me suis dit pourquoi pas. Voilà voilà...
Elle a un domestique qui est tout le temps habillé en blanc. C'est trés étrange. En même temps, il se fond bien dans sa déco. Tout est blanc chez elle.
Ma chambre est sympa. Pour l'instant elle ne veut pas qu'on dorme ensemble. Elle dit que c'est trop tôt. Je crois qu'elle ne veut pas coucher avec moi, ça m'ennuie un peu, mais bon, en même temps c'est Catherine Deneuve, elle fait ce qu'elle veut.
Cela fait une semaine que j'ai rompu, et cela fait 2 jours que je vis chez Catherine Deneuve. C'est trés sympa chez elle. Et grand. On passe nos journées ensemble, on écoute des disques, Beth Gibbons, Alain Bashung, je lui ai fait découvrir Barbara Carlotti, on mange des plats cuisinés par le traiteur Thaï du bas de la rue, et on discute. Peut être que je suis en train de tomber amoureux d'elle. En même temps, elle est trés différente dans la vraie vie. Elle n'a rien à voir avec ses personnages. Elle rigole tout le temps, et elle n'est pas froide du tout. En tout cas elle est moins froide que Carole Bouquet. Mais elle est moins chaude qu'Emmanuelle Beart. Je l'aime beaucoup.
Quand elle m'a proposé d'emmenager chez elle, j'ai d'abord refusé. Vous m'imaginez, moi le comédien râté vivant chez Catherine Deneuve! Mais elle a tellement insisté qu'au bout d'un moment j'ai dit oui. Je crois qu'elle se sentait un peu seule, et moi aussi. Elle avait envie d'un peu de distraction avant son prochain tournage. Comme je ne travaille pas en ce moment, je me suis dit pourquoi pas. Voilà voilà...
Elle a un domestique qui est tout le temps habillé en blanc. C'est trés étrange. En même temps, il se fond bien dans sa déco. Tout est blanc chez elle.
Ma chambre est sympa. Pour l'instant elle ne veut pas qu'on dorme ensemble. Elle dit que c'est trop tôt. Je crois qu'elle ne veut pas coucher avec moi, ça m'ennuie un peu, mais bon, en même temps c'est Catherine Deneuve, elle fait ce qu'elle veut.
4.7.06
32- La rupture.
Hier soir j'ai rompu. Cela m'arrive trés souvent. Mais il y avait Melvil Poupaud à côté de moi qui mangeait une entrecôte. Si j'étais normal, cela ne me ferait rien d'avoir quelqu'un de connu à la table à côté dans un moment aussi personnel et délicat. Mais malheureusement le glamour et la notoriété de mes voisins sont plus importants pour moi que le mal que je peux faire dans ces moments là (j'aime imaginer que je fais beaucoup de mal quand je rompt, c'est mon côté tragédien). Et je me suis mis à penser que Melvil Poupaud était en train d'écouter ma conversation, et qu'il imaginait déjà un court métrage narrant cette histoire navrante. Evidement il n'en avait rien à foutre, malgré les regards appuyés que je lui envoyais, genre t'as vu ce que je lui met dans la gueule, je suis un trés grand comédien, est ce que je ne t'inspire pas un personnage ...
Mais j'avais oublié que Melvil Poupaud est un comédien cinéaste qui ne se filme que lui. Qui est dans une recherche plutôt narcissique mais trés intéressante, et finalement pas si éloignée de ce que je suis en train de faire. Sauf que je ne vais pas à Cannes pour en parler. Mais un jour j'irais...peut être...
Hier soir j'ai rompu. Cela m'arrive trés souvent. Mais il y avait Melvil Poupaud à côté de moi qui mangeait une entrecôte. Si j'étais normal, cela ne me ferait rien d'avoir quelqu'un de connu à la table à côté dans un moment aussi personnel et délicat. Mais malheureusement le glamour et la notoriété de mes voisins sont plus importants pour moi que le mal que je peux faire dans ces moments là (j'aime imaginer que je fais beaucoup de mal quand je rompt, c'est mon côté tragédien). Et je me suis mis à penser que Melvil Poupaud était en train d'écouter ma conversation, et qu'il imaginait déjà un court métrage narrant cette histoire navrante. Evidement il n'en avait rien à foutre, malgré les regards appuyés que je lui envoyais, genre t'as vu ce que je lui met dans la gueule, je suis un trés grand comédien, est ce que je ne t'inspire pas un personnage ...
Mais j'avais oublié que Melvil Poupaud est un comédien cinéaste qui ne se filme que lui. Qui est dans une recherche plutôt narcissique mais trés intéressante, et finalement pas si éloignée de ce que je suis en train de faire. Sauf que je ne vais pas à Cannes pour en parler. Mais un jour j'irais...peut être...
20.1.06
31- Les choses de la vie.
Je ne serais jamais Louis Garrel. Mon grand père n'est pas comédien, mon père n'est pas cinéaste, je n'ai pas le vent en poupe, je ne ferais jamais le conservatoire national de théâtre, je n'aurais pas la chance de faire des films importants aux yeux des cinéphiles, je ne serais jamais nominé aux césars, je n'aurais pas d'images filmées de moi à 20 ans par une caméra aimante, je ne serais pas l'amant idéal des adolescentes prépubères, je ne serais jamais rock and roll, je suis trop vieux pour Larry Clark, pas assez beau pour Téchiné, trop lisse pour Catherine Breillat, trop mauvais comédien pour le théâtre, je n'ai pas de smoking pour Cannes, je suis trop vieux, trop moche, trop réfléchi, trop mûr, pas assez insousciant, je ne suis pas américain, je suis trop français, j'aime Claude Sautet, aurais-je une deuxième chance?
Je ne serais jamais Louis Garrel. Mon grand père n'est pas comédien, mon père n'est pas cinéaste, je n'ai pas le vent en poupe, je ne ferais jamais le conservatoire national de théâtre, je n'aurais pas la chance de faire des films importants aux yeux des cinéphiles, je ne serais jamais nominé aux césars, je n'aurais pas d'images filmées de moi à 20 ans par une caméra aimante, je ne serais pas l'amant idéal des adolescentes prépubères, je ne serais jamais rock and roll, je suis trop vieux pour Larry Clark, pas assez beau pour Téchiné, trop lisse pour Catherine Breillat, trop mauvais comédien pour le théâtre, je n'ai pas de smoking pour Cannes, je suis trop vieux, trop moche, trop réfléchi, trop mûr, pas assez insousciant, je ne suis pas américain, je suis trop français, j'aime Claude Sautet, aurais-je une deuxième chance?
13.12.05

30- Trouble everyday.
Tant que j'en suis aux stars de cinéma, il faut que je vous raconte comment la plus grande d'entre toutes a débarqué dans ma vie. Avant de le raconter, je tiens à remercier quelques personnes: ses parents et les parents de ses parents, Dominique Besnéhard, le rédacteur en chef du magazine Photo en 1985 et Jean-Jacques Beinneix.
Nous sommes en 1986 ou 1987. J'ai à peu prés 10 ans. Mon oncle fête son anniversaire dans une maison à la campagne. Il y a plein de monde, des enfants plus jeunes que moi, et des adultes qui font la fête en écoutant Jacques Brel, Bobby Lapointe ou Brassens. Ce sont ce qu'on appelle des intellos de gauche, qui aiment la cultutre, le cinéma, et bien entendu la musique. Je m'ennuie mollement donc on me propose connaissant mon goût pour le cinéma, d'aller à l'étage de la maison regarder un film. On me colle devant la télé, je ne me souviens plus du film, et je m'ennuie toujours mollement. Mes yeux trainent dans la pièce et j'apperçois des étagères avec un lot de magazines: Première, Photo Magazine, d'autres titres ayant disparu de la circulation. Je prends un magazine par hasard, un autre tombe de l'étagère. Je le ramasse, et là, une jeune fille brune, la poitine en avant, des créoles énormes aux oreilles, me sourit toutes dents dehors avec un regard qui me scotche définitivement. Je lis son nom: Béatrice Dalle. Je ne la connais pas. Je ne sais même pas qu'elle est actrice, qu'elle vient de jouer dans un film, et qu'elle va devenir une tornade. Et surtout qu'elle va m'accompagner dans ma vie d'adolescent cinéphile enclin à l'admiration des actrices.
Peut être deux ans plus tard, je n'ai pas encore vu un seul de ses films, je me trouve à la bibliothèque du collège en train de m'ennuyer mollement (je crois que j'ai été l'adolescent le plus mou que le terre ait portée). Je feuillete des magazines de cinéma datant déjà de quelques années, quand je tombe sur un article dans "première, le magazine du cinéma" datant de la sortie de 37,2° le matin. Et là me prend l'irrépressible envie d'arracher toutes les photos de ce magazine, de les découper, de multiplier ce visage que je n'ai pas encore vu bouger mais qui est si expressif et si différent de ce qui m'entourre, et d'ailleurs c'est ce que je fais. Je propose à la bibliothécaire de ranger les magazines pour pouvoir tous les feuilleter et découper toutes les pages ou la moindre image de Béatrice sera imprimée. Elle accepte, râvie de mon enthousiasme, même si elle ne sait evidemment pas que tous ces magazines seront mutilés, inutilisables pour les futurs élèves, remplis de trous ou se trouvait le visage de Béatrice Dalle.
Je colle toutes les photos dans mon agenda de jeune collégien, au milieu des photos de Vanessa Paradis et de Mickey Rourke, autres idoles de mon adolescence, et le reste des photos est collé aux murs de ma chambre. J'imagine les films dans lesquels elle joue en voyant les affiches puisque je ne peux pas les voir, et cette fille me semble être ma meilleure amie, elle me fait rigoler dans les interviews, elles ose s'habiller comme aucune fille du collège ne le fait, et les autres me regardent comme une bête curieuse car evidemment ils sont trop cons pour la connaître, et me disent que je suis snob, que eux ils préfèrent Sophie Marceau parce qu'elle est belle, etc...
L'été suivant, je suis en vacances en Espagne avec mes parents dans une station balnéaire. Je m'ennuie mollement...jusqu'à ce que je fouille dans une malle remplie de livres de poche. Et là, je vois le visage de Béatrice sur la couverture de 37,2° le matin de Philippe Djian. Je n'ai pas vu le film, je ne connais pas l'histoire, et je commence à lire. Je ne m'arrêtes pas pendant 3 jours, sur la plage, au lit, aprés le repas, je dévore ce livre, ces personnages deviennent mes compagnons de vacances, je suis le narrateur, je m'identifie complètement à lui, les mots de Djian deviennent mes pensées, et forcément, je suis amoureux de Betty. Pour la première fois, Béatrice bouge, ses expressions m'apparaissent naturellement, c'est comme si toutes les images de ma chambre se mettaient à bouger.
Mes parents achètent un magnétoscope en rentrant. C'est le plus beau jour de ma vie. Pour l'essayer, on va louer un film. Mes parents ne pourront jamais choisir un film à voir en ma présence. Evidemment, je loue "37,2° le matin". J'ai peur. Et si ce film n'était pas bien? Si Béatrice était mauvaise? Est ce que me voir sous les traits de Jean-Hugues Anglade va me perturber? Le film démare. Mon dépucelage cinématographique commence avec un orgasme hallucinant. Le film m'hypnotise. Je ne suis absolument pas déçu. D'ailleurs, Béatrice Dalle ne m'a jamais déçu.
Le temps a passé. Il y a environ deux ans, je vais à l'avant première de "17 fois Cecile Cassard". Elle est là, elle fume une cigarette dans le cinéma. Elle est drôle, elle est exactement elle. Je ne suis plus un adolescent. Je suis juste content de la voir en vrai. Je n'ai pas besoin d'aller la voir de prés, de lui demander un autographe. Je n'ai même pas envie qu'elle me regarde, j'ai juste envie de devenir cinéaste pour la voir jouer en vrai. Pour la voir vivre.
Le week-end suivant, je prends le train pour aller à Bordeaux. Je tombe sur une amie du collège que je n'ai pas vu depuis des années. On discute. On arrive à la gare de Bordeaux. On se dit au revoir. "Au fait, tu aimes toujours autant Béatrice Dalle?", elle me dit.
12.12.05

29- Sunset Boulevard.
Je voudrais que l'on m'explique ce qu'est une star de cinéma et à quoi ça sert à part alimenter ma frustration et mes désirs. Parce qu'une star de cinéma, ça n'a rien à voir avec les vrais gens. Moi je suis une personne normale, je sais ce que c'est être comédien, mais star de cinéma c'est autre chose. Et je ne sais pas à quoi ça sert. A quoi sert Julia Roberts par exemple. Bon c'est un mauvais exemple parce que je l'aime bien. Mais à quoi servent Demi Moore ou Meg Ryan? Et Isabelle Adjani, que j'ai adoré, à quoi elle m'a servi? Je ne sais même plus pourquoi j'ai aimé Isabelle Adjani. Pourquoi elle m'a autant fait fantasmer. Il y a quelques explications rationnelles: elle était belle et avait du talent. Mais qu'est ce qui a fait qu' elle, plus que les autres, m'ait fasciné? En fait je me pose la question parce qu'elle ne me fascine plus du tout. C'est terrible, depuis que j'aime d'autres actrices, elle ne me fait ni chaud ni froid. Avant, dans mon coeur, il y avait de la place pour toutes les actrices, mais maintenant beaucoup moins. Et pourtant, Isabelle avait une place privilégiée parce qu'elle fût l'une des premières avec Sophie Marceau et Valérie Kaprisky, à entrer dans mon panthéon personnel. D'ailleurs, il y a toujours une place pour les 2 autres, mais pour elle, il n'y en a presque plus. Je me sens un peu coupable, c'est comme une trahison que je lui fais subir. Je la trompe sans vergogne depuis quelques temps avec d'autres femmes plus jeunes et plus belles. Remarquez, elle commence à en avoir l'habitude. Mais j'ai honte quand même. Je crois que ça a démarré avec "Diabolique", ou elle jouait mal. Sa côte a remonté dans le film de Laetitia Masson, "La Repentie", parce qu'un film de Laetitia Masson n'est jamais mauvais à mes yeux, même si les gens ne l'aiment pas. Mais depuis, ben, je ne l'aime presque plus. C'est étrange parce que même d'autres actrices que je vénère comme Béatrice Dalle, Catherine Deneuve ou Géraldine Pailhas, font elles aussi quelquefois des navets, mais mon amour pour elles reste constant, voire croissant. Celui pour Isabelle, non. Il faut qu'elle refasse un bon film. Vite. Trés vite.
J'ai décidé qu'Alain Delon était mon père. C'est pour ça que je ne suis pas bien dans ma peau. Quand votre père est le plus bel homme du monde, comment ne voulez-vous pas être complexé et nevrosé. Car en plus, il a un caractère particulier, il a des idées par moment un peu limites, ce qui fait que la honte s'ajoute aux complexes physiques. Mais le plus gênant pour moi, c'est qu'avec tous ces handicaps, mon père reste quand même l'un des plus grands acteurs du monde, un modèle indépassable de classe, de présence animale, de charisme, il a tourné avec les plus grands, alors que moi, même un réalisateur de la sfp ne me regarderait pas. Le pire c'est qu'il a rendu toute ma famille névrosée. Il n' ya que Benoit qui s'en sorte. Tout simplement parce qu'il lui ressemble. Ah oui, je ne vous ai pas dit que Benoit Magimel était mon frère. Je le déteste. Il est beau, il a du talent, je suis extrèmement jaloux de lui, en plus on n'a quasiment le même âge. La vie est vraiment degueulasse.
7.11.05
27- Confessions d'un homme dangereux.
Je n'ai pas honte de dire que mon rêve et mon but dans la vie, c'est d'être connu. Je ne le dis jamais mais je le pense tellement fort que cette envie suinte de tous les pores de ma peau. Comme si la célébrité allait m'apaiser, qu'elle allait être le remède contre mes complexes, mes frustrations. Je me suis jeté dans cette quête comme si toute ma vie en dépendait. Mais sans me donner les moyens d'y arriver. Car comme tous les gens orgueilleux, je suis incapable d'être arriviste et de calculer les choses. Moi je voudrais qu'on me remarque dans la rue. J'aurais voulu que Dominique Besnéhard m'ait remarqué le jour ou je l'ai croisé avec Valérie Kaprisky à "La nuit du Feu des pompiers de Paris". J'étais là, juste à côté d'eux, et je faisais des grands gestes maladroits pour qu'on remarque. Evidemment, il ne m'a pas vu. Je l'ai recroisé à d'autres occasions, et il ne m'a pas vu non plus. En même temps, il ne peut pas voir tout le monde, et je ne suis pas le genre de garçon que l'on remarque comme ça. C'est pour ça que je suis incapable de m'inscrire à une émission de téléréalité. Ce serait plus simple. En deux mois, je serais célèbre, et on en parlerait plus. Mais je n'ai pas le courage d'être quelqu'un d'autre pour entrer dans ce monde. Pierre Langlois y serait trés à l'aise en revanche. Mais je n'ai même plus le courage d'être Pierre Langlois. Nicolas Truffaut, lui ne serait pas à l'aise. Parce que de nous trois, c'est l'intellectuel, et qu'il est contre cette culture populaire de la célébrité factice.
Je n'ai pas honte de dire que mon rêve et mon but dans la vie, c'est d'être connu. Je ne le dis jamais mais je le pense tellement fort que cette envie suinte de tous les pores de ma peau. Comme si la célébrité allait m'apaiser, qu'elle allait être le remède contre mes complexes, mes frustrations. Je me suis jeté dans cette quête comme si toute ma vie en dépendait. Mais sans me donner les moyens d'y arriver. Car comme tous les gens orgueilleux, je suis incapable d'être arriviste et de calculer les choses. Moi je voudrais qu'on me remarque dans la rue. J'aurais voulu que Dominique Besnéhard m'ait remarqué le jour ou je l'ai croisé avec Valérie Kaprisky à "La nuit du Feu des pompiers de Paris". J'étais là, juste à côté d'eux, et je faisais des grands gestes maladroits pour qu'on remarque. Evidemment, il ne m'a pas vu. Je l'ai recroisé à d'autres occasions, et il ne m'a pas vu non plus. En même temps, il ne peut pas voir tout le monde, et je ne suis pas le genre de garçon que l'on remarque comme ça. C'est pour ça que je suis incapable de m'inscrire à une émission de téléréalité. Ce serait plus simple. En deux mois, je serais célèbre, et on en parlerait plus. Mais je n'ai pas le courage d'être quelqu'un d'autre pour entrer dans ce monde. Pierre Langlois y serait trés à l'aise en revanche. Mais je n'ai même plus le courage d'être Pierre Langlois. Nicolas Truffaut, lui ne serait pas à l'aise. Parce que de nous trois, c'est l'intellectuel, et qu'il est contre cette culture populaire de la célébrité factice.
26- Jet Set.
J'ai vu Béatrice Dalle et Christophe Honoré à l'avant première de "17 fois Cécile Cassard",j'ai ensuite croisé Christophe Honoré rue de Turbigo à Paris, Zabou Breitman, Michel Blanc et Maïwenn rue Beaubourg, pris un café et vu le concert de Prince au côté de Romain Duris, assisté au spectacle des pompiers de Paris avec Dominique Besnéhard et Valérie Kaprisky, manifesté au Palais de Chaillot avec Charlotte Gainsbourg, Yvan Attal et Sophie Marceau, pris un thé au café de Flore avec ma mère et Elsa Zylberstein, tourné une caméra caché avec Mouss Diouf et Smaïn, j'ai discuté avec Héléna Noguerra, vu Sofia Coppolla dans ma rue, j'ai été assis derrière Agnes jaoui au MK2 Quai de Seine, vu "Entre ses mains" avec Romane Bohringer et son ami, assisté à "Nulle part ailleurs" avec Jacques Gamblin, croisé Mickaël Youn et son chien dans le marais, pris le métro avec Isabelle Huppert et Bernard Menez, râté Madonna à Londres, croisé Cyrille Thouvenin à Bastille, Karin Viard rue des Francs Bourgeois, Anémone à un de mes spectacles, Marianne Denicourt à la catoucherie pour un spectacle avec Roshdy Zem, Chiara Mastroianni et Benjamin Biolay en train de s'engueuler place des Vosges, j'ai fait la fête avec Guillaume Canet, Bérénice Béjo et Jean Dujardin pour la fête de fin de tournage de "OSS117", assisté à une conférence de Claire Denis pour "Trouble every day", souris à François Ozon à l'avant première de "La pianiste", vu Marie Gillain un peu bourré au Pulp, Célia Catalifo m'a raconté sa montée des marches pour la présentation de "Tirésia" à Cannes, vu Stanislas Mehrar dans une smart grise sur l'île St Louis, fait de la figuration avec Natacha Renier et Jacques Bonnafé, déprimé devant Elodie Bouchez, je suis tombé amoureux d'Anna Mouglalis à la projection d'"Anthony Zimmer" sur les champs Elysées, j'ai voulu me faire remarquer par Jean-Jacques Beinneix au one woman show de Maïwenn, un journaliste de ciné live a voulu coucher avec moi, j'ai pris un verre avec la cour d'Eric et Ramzy au Quai Ouest à Nantes, vu le même spectacle au même moment que Jean Réno, Julette Binoche, Sagamore Stevenin, Catherine Jacob, assisté aux répétitions de Yolande Moreau et les Deschiens pour un hommage à Jacques Tati, Jean-Marc Barr m'a fait signe de ne pas venir vers lui quand je l'ai reconnu au jardin du luxembourg, j'ai apperçu Florence Thomassin assise et fumant une cigarette sur un scooter, Brian de Palma et Elli Medeiros eux aussi sur un scooter, j'ai recroisé Brian de Palma à la projection de presse de "Gangs of New York" un matin place d'Italie, et Lio m'a donné son numéro de téléphone pour que je lui envoie des textes de chansons, Marion Cotillard m'a souris dans les coulisses d'une émission de télé, j'ai vu Miou Miou chanter au concert de Camille, Bruno Putzulu rencontrer un metteur en scène au café Beaubourg, et Johnny Depp qui regardait amoureusement Vanessa Paradis sur la scène de l'Olympia.
J'ai vu Béatrice Dalle et Christophe Honoré à l'avant première de "17 fois Cécile Cassard",j'ai ensuite croisé Christophe Honoré rue de Turbigo à Paris, Zabou Breitman, Michel Blanc et Maïwenn rue Beaubourg, pris un café et vu le concert de Prince au côté de Romain Duris, assisté au spectacle des pompiers de Paris avec Dominique Besnéhard et Valérie Kaprisky, manifesté au Palais de Chaillot avec Charlotte Gainsbourg, Yvan Attal et Sophie Marceau, pris un thé au café de Flore avec ma mère et Elsa Zylberstein, tourné une caméra caché avec Mouss Diouf et Smaïn, j'ai discuté avec Héléna Noguerra, vu Sofia Coppolla dans ma rue, j'ai été assis derrière Agnes jaoui au MK2 Quai de Seine, vu "Entre ses mains" avec Romane Bohringer et son ami, assisté à "Nulle part ailleurs" avec Jacques Gamblin, croisé Mickaël Youn et son chien dans le marais, pris le métro avec Isabelle Huppert et Bernard Menez, râté Madonna à Londres, croisé Cyrille Thouvenin à Bastille, Karin Viard rue des Francs Bourgeois, Anémone à un de mes spectacles, Marianne Denicourt à la catoucherie pour un spectacle avec Roshdy Zem, Chiara Mastroianni et Benjamin Biolay en train de s'engueuler place des Vosges, j'ai fait la fête avec Guillaume Canet, Bérénice Béjo et Jean Dujardin pour la fête de fin de tournage de "OSS117", assisté à une conférence de Claire Denis pour "Trouble every day", souris à François Ozon à l'avant première de "La pianiste", vu Marie Gillain un peu bourré au Pulp, Célia Catalifo m'a raconté sa montée des marches pour la présentation de "Tirésia" à Cannes, vu Stanislas Mehrar dans une smart grise sur l'île St Louis, fait de la figuration avec Natacha Renier et Jacques Bonnafé, déprimé devant Elodie Bouchez, je suis tombé amoureux d'Anna Mouglalis à la projection d'"Anthony Zimmer" sur les champs Elysées, j'ai voulu me faire remarquer par Jean-Jacques Beinneix au one woman show de Maïwenn, un journaliste de ciné live a voulu coucher avec moi, j'ai pris un verre avec la cour d'Eric et Ramzy au Quai Ouest à Nantes, vu le même spectacle au même moment que Jean Réno, Julette Binoche, Sagamore Stevenin, Catherine Jacob, assisté aux répétitions de Yolande Moreau et les Deschiens pour un hommage à Jacques Tati, Jean-Marc Barr m'a fait signe de ne pas venir vers lui quand je l'ai reconnu au jardin du luxembourg, j'ai apperçu Florence Thomassin assise et fumant une cigarette sur un scooter, Brian de Palma et Elli Medeiros eux aussi sur un scooter, j'ai recroisé Brian de Palma à la projection de presse de "Gangs of New York" un matin place d'Italie, et Lio m'a donné son numéro de téléphone pour que je lui envoie des textes de chansons, Marion Cotillard m'a souris dans les coulisses d'une émission de télé, j'ai vu Miou Miou chanter au concert de Camille, Bruno Putzulu rencontrer un metteur en scène au café Beaubourg, et Johnny Depp qui regardait amoureusement Vanessa Paradis sur la scène de l'Olympia.
3.11.05

25- Pas sur la bouche.
Nous sommes mercredi. Jour des sorties. Je me tape un cafard carabiné.
Je suis au bord. Au bord de quoi ? En tout cas, je sens que je vais fondre en larmes d’une minute à l’autre. J’attends Emilie devant le cinéma. Nous allons voir « Pas sur la bouche » d’Alain Resnais. Elle est en retard. Ce qui m’ennuie le plus, ce n’est pas d’être déprimé, c’est que quelqu’un risque de me voir pleurer. Ça fait au moins dix ans que je n’ai pas versé une larme. Depuis que j’ai passé mon diplôme d’animateur, mon BAFA, et qu’une apprentie animatrice comme moi, sourde et muette, nous a chanté – oui, chanté – en langue des signes des chansons de Patrick Bruel et de Roch Voisine. Elle était tellement émouvante que j’en ai chialé pendant deux heures. Du coup, tout le monde s’est occupé de moi, oubliant que la star c’était la sourde et pas moi. Il m’en est resté surtout de la honte d’avoir pleuré sur une chanson de Roch Voisine. Bref, blindé comme un bolide depuis ce moment là, je n’ai pas versé une larme. En fait j’enrobe. C’est surtout que je n’ y arrive pas. J’aimerais bien pleurer de temps en temps, mais rien ne vient. Donc Emilie est en retard et je vais boire un café en l’attendant. Je m’ennuie mollement en lisant un magazine (certainement Première, le magazine du cinéma) quand je vois une jeune fille entrer dans le café avec un bonnet péruvien et des bottes vintage aux pieds. J’abandonne mon article pour l’observer , elle vient s’asseoir prés de moi, visiblement elle attend quelqu’un, Emilie arrive, me fait la bise, voit ma tronche et s’exclame « Ouh la, t’as vraiment une sale tronche aujourd’hui, qu’est ce qui ne va pas ? » Je n’ai même pas le temps d’ouvrir la bouche qu’un flot de larmes coule le long de mes joues, et que des sons dissonants sortent de ma bouche suffisamment forts pour que la jeune fille au bonnet péruvien se retourne. Et là, stupeur, la jeune fille au bonnet péruvien qui me fixe, c’est Elodie Bouchez. Je me lève, les sons sortent de ma bouche de plus en plus fort, Emilie me suit, elle ne sait pas quoi faire, Elodie nous suit, elle a les larmes aux yeux de voir un jeune homme si triste, nous entrons dans la salle de cinéma, je pleure toujours, le film commence, je souris grâce à Sabine Azéma et Lambert Wilson, je sors du cinéma, Elodie nous suit toujours, je me remet à pleurer… La scène a duré trois jours. Je n’ai jamais été aussi triste de ma vie, et il a fallu qu’une actrice soit dans les parages.
24- US Go Home.
Je rentre a Paris.
Hollywood est trop surfait. Je décide de faire la paix avec Pierre Langlois et Nicolas Truffaut. Ce n’est plus possible cette cohabitation négative. Quand on partage un corps avec quelqu’un, il faut que chacun y trouve son compte. Je me sens un peu comme dans une partouze, mais il n’ y a qu’eux qui s’amusent. Je commence a me sentir lésé. Je sens bien qu’ils se moquent gentiment de moi. Ils me prennent mes idées, se les approprient, et jouissent de la situation. Je finis par n’être que le scénariste de leurs vies. Mon histoire ne m’appartient plus.
On me demande souvent ce que je compte faire de ma vie. Sous entendu, comédien, scénariste ou réalisateur, c’est pas une vie. J’aurais tendance à répondre que j’ai déjà simplement envie de vivre, normalement, sans ces rêves de cinéma qui me mangent le cerveau, mais je ne peux décemment répondre ceci. Je passerai pour quelqu’un de résigné, et je ne veux pas me résoudre à ne plus rêver. En plus, même dans les moments les plus négatifs ou tristes de ma vie, le cinéma vient à moi, comme par magie.
Je rentre a Paris.
Hollywood est trop surfait. Je décide de faire la paix avec Pierre Langlois et Nicolas Truffaut. Ce n’est plus possible cette cohabitation négative. Quand on partage un corps avec quelqu’un, il faut que chacun y trouve son compte. Je me sens un peu comme dans une partouze, mais il n’ y a qu’eux qui s’amusent. Je commence a me sentir lésé. Je sens bien qu’ils se moquent gentiment de moi. Ils me prennent mes idées, se les approprient, et jouissent de la situation. Je finis par n’être que le scénariste de leurs vies. Mon histoire ne m’appartient plus.
On me demande souvent ce que je compte faire de ma vie. Sous entendu, comédien, scénariste ou réalisateur, c’est pas une vie. J’aurais tendance à répondre que j’ai déjà simplement envie de vivre, normalement, sans ces rêves de cinéma qui me mangent le cerveau, mais je ne peux décemment répondre ceci. Je passerai pour quelqu’un de résigné, et je ne veux pas me résoudre à ne plus rêver. En plus, même dans les moments les plus négatifs ou tristes de ma vie, le cinéma vient à moi, comme par magie.
25.10.05
23- Thérèse.
J’ai envie de croire en Dieu.
Ça me vient là, comme ça. Je n’ai pas eu d’éducation religieuse et je me demande bien pourquoi. Je pourrais me regrouper avec d’autres croyants autour d’une même ferveur, être dans un élan collectif, ça ne me déplairait pas. Me retrouver dans une communion d’idées et y croire aveuglement. Je pourrais aussi bien devenir communiste pour les mêmes raisons, ou bien m’inscrire dans un club d’échecs, mais la religion m’inspire plus confiance. Car on peut ne plus être d’accord avec l’église, ça ne nous empêche pas d’avoir la foi et de croire en Dieu. Je crois qu’il faut que j’arrête de fréquenter Tom.
J’ai envie de croire en Dieu.
Ça me vient là, comme ça. Je n’ai pas eu d’éducation religieuse et je me demande bien pourquoi. Je pourrais me regrouper avec d’autres croyants autour d’une même ferveur, être dans un élan collectif, ça ne me déplairait pas. Me retrouver dans une communion d’idées et y croire aveuglement. Je pourrais aussi bien devenir communiste pour les mêmes raisons, ou bien m’inscrire dans un club d’échecs, mais la religion m’inspire plus confiance. Car on peut ne plus être d’accord avec l’église, ça ne nous empêche pas d’avoir la foi et de croire en Dieu. Je crois qu’il faut que j’arrête de fréquenter Tom.

22- Le secret de Brokeback mountain.
Cette nuit, j’ai sodomisé Tom Cruise.
On s’est rencontré dans une party. Il était avec Katie Holmes, mais elle était fatiguée donc elle est rentrée assez tôt. Qu’est ce qu’il boit ! On a bu à peu prés 3 bouteilles de vodka, puis de la bière, et on s’est finit au champagne. Il voulait absolument jouer dans mon film. « Tu comprends Nicolas, j’ai vraiment envie de jouer ce personnage, assis sur ses toilettes, toutes mes intentions de jeu passeront dans mon regard, car bien sûr tu me filmeras en gros plan ! » « Mais Tom, tu es trop vieux, et puis non, je ne veux pas faire que des gros plans, c’est chiant les gros plans ! Les comédiens sont très dénudés. Tu ne voudras jamais que l’on voit tes fesses à l’écran. » « Mes fesses je m’en fous, c’est ma bite que je ne veux pas montrer. ». Et il a baissé son pantalon pour me montrer son cul. « Alors, t’as pas envie de filmer mon cul ? Il est pas beau mon cul ? » Et effectivement il avait un beau cul donc j’en ai profité. Par contre, c’est vrai que je n’ai pas vu sa bite.
21- The science of sleep
Mes rêves me fatiguent.
Je suis standardiste dans une société qui vend des accessoires de mode. J’y travaille tous les matins de 8h30 à 14h00. Je gagne 900 euros par mois. Je suis en colocation avec Marie, on s’entend bien. Paris est une grande ville. Qu’est ce qui fait la valeur d’un homme ? Est ce que je suis un homme bon ? Pourquoi je me déteste autant ?
Mes rêves me fatiguent.
Je suis standardiste dans une société qui vend des accessoires de mode. J’y travaille tous les matins de 8h30 à 14h00. Je gagne 900 euros par mois. Je suis en colocation avec Marie, on s’entend bien. Paris est une grande ville. Qu’est ce qui fait la valeur d’un homme ? Est ce que je suis un homme bon ? Pourquoi je me déteste autant ?
20- The player
Je recherche Kirsten Dunst partout. Evidemment elle est à Paris.
Elle tourne « Marie Antoinette » avec Sofia Coppola. Je veux qu’elle joue dans « lonely lovers ». J’ai déjà l’accord de Ian Sommerhalder. Colin Farrel a donné aussi son accord de principe. J’ai finalement décidé de ne pas confier le rôle à James Franco car je ne l’ai pas trouvé très intéressant. Tout le monde se bat pour financer mon film. Alors que ce n’est qu’un court métrage. J’ai opté pour Focus Feature, ils ont l’air d’aimer le cinéma. C’est génial, j’adore l’Amérique. Finalement je me suis installé à New York. LA m’a très vite gonflé.

19- Mysterious skin.
Je m’appelle Joseph Gordon Levitt.
Je suis un jeune acteur. J’ai le vent en poupe depuis que j’ai tourné dans un film indépendant de Greg Araki. J’ai rencontré Pierre Langlois justement par Greg qui l’avait rencontré chez Philippe The original, un des plus vieux restaurants de LA. Il l’avait abordé en lui disant qu’il aimait beaucoup ses films, et qu’il était ami avec Chiara Mastroianni qui elle aussi a tourné avec Greg. Notre première rencontre fut un peu étrange. On aurait dit qu’il se croyait dans un film, il était anormalement agité, excité, il me parlait mais je ne comprenais pas tout, son accent français était prédominant à l’époque. Je crois que lors de notre première rencontre, il m’a confondu avec le personnage de « Mysterious Skin ».Si vous avez vu le film, je n’ai pas besoin de vous faire un dessin pour savoir ce qu’il voulait de moi. Les autres, je vous conseille de le louer au plus vite si vous ne voulez pas passer pour des ringards !
Après cette première rencontre étrange, je l’ai présenté à Cristina Ricci parce qu’il voulait lui proposer le rôle principal d’un film qu’il avait écrit. Elle n’en avait rien à foutre, mais elle le trouvait plutôt charmant, donc elle a accepté de le rencontrer. J’ai oublié de vous dire que je suis parfaitement bilingue. C’est pour ça qu’il s’est accroché à moi et qu’il comptait sur moi pour l’intégrer dans la ville du cinéma.
Et puis on s’est perdu de vu. Au bout d’un moment il m’a quand même un peu gonflé. Un jour il était Pierre Langlois, le lendemain Nicolas Truffaut. Je ne savais jamais à qui j’allais m’adresser en le voyant arriver. Et puis surtout il m’avait promis un rôle dans son film. Et c’est finalement Ian Sommerhalder qui a eu le rôle. C’est ça qui m’a le plus gonflé.

18- Je suis dans l’avion qui va atterrir à LA. Et je ne peux m’empêcher de fredonner la chanson de Benjamin Biolay « Los Angeles, ville des anges, Los Angeles… »Je n’ai volontairement pas réservé de chambre pour mon arrivée, histoire d’être complètement perdu, comme dans les grands films ou le héros s’enfuit s’en connaître son avenir.
24.10.05

17- Aéroport. Avion. Peur.
Pourquoi j’ai décidé de partir comme ça, loin de tout et de tout le monde. Pour rien. Pour fuir. Encore une fois. J’ai fuis quand je suis monté à Paris, je fuis en partant en Amérique. A chaque fois j’ai eu de bonnes raisons. Je voulais être comédien et en province c’est plus difficile, donc direction Paris, et maintenant que je veux réaliser des films, je pars en Amérique. Là j’ai aussi une bonne raison puisque mon père, François Truffaut pour les étourdis, est un trop grand monument pour ma créativité en France. Mais passons. Je pars et puis c’est tout.
La dernière fois que j’ai pris l’avion, j’étais le lieutenant Vidal. C’était un petit avion militaire et je devais transporter avec le caporal Maxence une mallette remplie de produits toxiques. Mouss Diouf était dans l’avion avec nous. Il a eu très peur car nous avons eu un problème avec la mallette contenant les produits toxiques. Il a fallu qu’on retourne sur la base et que tout le personnel se fasse décontaminer. Il a eu tellement peur qu’il a voulu me casser la gueule. Je ne me suis pas démonté. Si vous avez un jour la chance de voir cette scène, vous verrez bien que je suis resté dans mon personnage de lieutenant. C’est mon côté actor studio. Ah oui, je ne vous ai pas dit que c’était une camera cachée pour M6 et que je suis donc passé à la télé. Si un jour je suis invité dans une émission de télévision, on repassera sûrement l’extrait.
Pourquoi faut t'il que je raconte cette histoire. Parce que je veux passer aux enfants de la télé ? Je le crains. C’est fou cette vanité qu’on peut avoir nous, les acteurs quant aux moindres faits et gestes de notre parcours. Je suis Jean-Claude Brialy qui raconte ses rencontres avec les stars et qui essaie tant bien que mal de se raccrocher à son passé. Encore que Jean-Claude Brialy , il a au moins des souvenirs avec Romy Schneider et Alain Delon. Moi c’est avec Serena et Mouss Diouf. Questions de génération.
16- LONELY LOVERS. LONELY LOVERS. LONELY LOVERS.LONELY



Mes parents me font la gueule. « Mais enfin, tu vas vivre de quoi là-bas, c’est loin et dangereux, tu parles même pas bien l’anglais. Et puis on se verra quand maintenant ? Tu rentres pour noël ? »
Non je ne rentre pas à noël. Je fais réveillon avec mes acteurs. Mes nouveaux amis se prénomment Louis, Charlotte et Paul.



Mes parents me font la gueule. « Mais enfin, tu vas vivre de quoi là-bas, c’est loin et dangereux, tu parles même pas bien l’anglais. Et puis on se verra quand maintenant ? Tu rentres pour noël ? »
Non je ne rentre pas à noël. Je fais réveillon avec mes acteurs. Mes nouveaux amis se prénomment Louis, Charlotte et Paul.

15- Les amitiés maléfiques.
Avant de partir en Amérique, j’ai un rôle de figurant dans un film d’Emmanuel Bourdieu avec Natacha Renier. J’aime bien Natacha Renier.
J’arrive au rendez-vous comme prévu, à 8h30 le matin dans un établissement universitaire. Le film se passe dans le milieu étudiant. Je le sais car Nicolas, un ami, me l’a dit. Il travaille sur la déco du film, mais il ne sera pas sur le tournage, je crois qu’il a été congédié parce qu’il n’y a plus d’argent sur le film. Moi même pour un rôle de figurant je suis payé une misère. En arrivant, je croise Elsa. Elle a l’air sympathique, souriante. Elles est première assistante sur le film, mais je ne le sais pas encore. On échange 2 ou 3 banalités en arrivant sur le plateau. C’est convivial. On me présente à la directrice de casting qui s’occupe des figurants. Elle est jeune. Je sors mon sourire ultra brite jauni par le tabac, après tout elle me proposera peut être du travail plus tard. On me dit comment je dois m’habiller « waouh, il est trop bien ton jean gris, tu l’as trouvé où, ouais c’est nickel comme ça ! » La dernière fois que j’ai fait de la figuration, je suis reparti avec le premier rôle. Et je suis persuadé que ça sera pareil aujourd’hui. Je fais la queue face à Natacha Renier qui joue une bibliothécaire. On me dit d’abord que je dois récupérer un papier sur son bureau pendant la scène. Et puis non ça va pas. Je me retrouve dernier à faire la queue. On ne me verra pas à l’écran. Tout le monde est très gentil. Certains connaissent même mon prénom. J’ai dit que je m’appelais Nicolas aujourd’hui. J’aurais pas du. Du coup je suis frustré, mal à l’aise, et le summum arrive à la pause déjeuner. Je mange seul alors que tout le monde se connaît. Une régisseuse arrive et me regarde. « Excuses moi, (on se tutoie dans le milieu), tu es figurant ? Tu ne devrais pas être là, il y avait un repas spécial pour les figurants, c’est pas normal, en même temps tu ne vas pas recracher ce que tu as mangé maintenant… » Je vais lui coller mon poing sur la gueule à cette conne. Qu’est ce ça peut lui foutre que je mange avec l’équipe, de toute façon je suis tout seul, et puis la bouffe est dégueulasse. Il n’ y a que Natacha qui me regarde un peu, elle est la seule qui me paraisse civilisée, avec le metteur en scène qui est tellement discret que c’en est apaisant. Je sors vite fumer une cigarette parce que l’autre régisseuse, elle s’est posée à côté de moi pour manger. Et j ‘ai envie de lui vomir dans l’assiette.Natacha sors aussi. Je lui souris. Elle me demande mon prénom. Elle est sympa. J’adore les acteurs. Même les plus minables. Ils me touchent. Je comprend pourquoi j’ai voulu faire ce métier. Pour m’aimer un peu. Je n’ose pas lui parler. Lui demander comment elle va. C’est trop difficile. Il aurait fallu que je me transforme en Pierre Langlois. Voilà ce qui se serait passé : « Bonjour Natacha, tu vas bien ? ça se passe bien le tournage ? Moi je viens d’avoir un petit rôle dans le nouveau film de Catherine Breillat, c’était court mais intense, et puis je fais quelques trucs pour la télé. Et toi ? Le nouveau Eugène Green ? Bien. Tu es très cinéma d’auteur quand même… » Voilà comment il aurait abordé Natacha, Pierre. En fait la journée s’est terminée plus tôt que prévu. J’ai bien rigolé l’après midi parce qu’il y avait Jacques Bonnaffé qui faisait le con sur le plateau et puis qu’il est drôle, et je suis rentré chez moi, sûr qu’il fallait que je parte, loin…
14- Le créateur.
Je m’appelle François Ozon. Non, ça je l’ai déjà été.
Je m’appelle Nicolas Truffaut. Je suis réalisateur de cinéma. Je suis le fils caché de qui vous savez. J’ai écrit un scénario. Ça s’appelle « Lonely Lovers ». C’est un très bon scénario. Seulement je ne peux pas le tourner en France. C’est impossible. Vu mon nom, je ne pourrais jamais rien faire de bien aux yeux des professionnels de la profession du cinéma français. C’est un court métrage inspiré de ma propre existence (inexistence devrais-je dire) et qui parle de la vie à deux et des inconvénients de celle ci. Enfin pas vraiment d’ailleurs. Je n’ai jamais réussi à définir l’histoire de ce court métrage alors que je la traîne depuis des années. J’en avais même fait une pièce courte dans un festival, et j’en avais signé la mise en scène. J'avais eu ce qu'on appelle un succés d'estime, trés trés confidentiel, mais qui m'avait donné un peu confiance en moi concernant l'écriture.
Donc j'ai écrit un scénario de court métrage. Le pitch: "Charlotte et Louis ont environ 25 ans. Ils sont ensemble depuis quelques années sans vivre ensemble, au grand désepoir de Charlotte qui n'attend que ça. Un soir, passablement énervée par Louis, elle decide de jouer cartes sur tables pour comprendre le refus de Louis. Alors qu'il est sur ses toilettes, elle rentre dans la salle de bains pour lui parler. Ce qui ne devait être qu'une discussion de plus va se transformer en reglement de comptes, et Louis va s'engoufrer un peu plus dans son inconstance chronique."
Il faut que vous ayez à l’esprit que ce film sera très Truffaldien (ça ne veut rien dire, mais ça en jette). Et trés musical. En effet, "Lonely Lovers" est le titre d'une chanson des Stinky Toys, reprise par Lio qui est devenue "Amoureux solitaires". Mais de toute façon, je ne pourrai jamais tourner ce film en français, avec des acteurs français. Marlon Brando est trop vieux, Sandrine Kiberlain est infirmière, Virginie Ledoyen ne veut plus me parler. Il reste peut être Ludivine Sagnier. Je ne sais pas trop. Et puis en fait, j’ai écrit ce film pour un trio d’acteurs américains: Kirsten Dunst, James Franco et Colin Farrell. C’est décidé. Je pars en Amérique.
Je m’appelle François Ozon. Non, ça je l’ai déjà été.
Je m’appelle Nicolas Truffaut. Je suis réalisateur de cinéma. Je suis le fils caché de qui vous savez. J’ai écrit un scénario. Ça s’appelle « Lonely Lovers ». C’est un très bon scénario. Seulement je ne peux pas le tourner en France. C’est impossible. Vu mon nom, je ne pourrais jamais rien faire de bien aux yeux des professionnels de la profession du cinéma français. C’est un court métrage inspiré de ma propre existence (inexistence devrais-je dire) et qui parle de la vie à deux et des inconvénients de celle ci. Enfin pas vraiment d’ailleurs. Je n’ai jamais réussi à définir l’histoire de ce court métrage alors que je la traîne depuis des années. J’en avais même fait une pièce courte dans un festival, et j’en avais signé la mise en scène. J'avais eu ce qu'on appelle un succés d'estime, trés trés confidentiel, mais qui m'avait donné un peu confiance en moi concernant l'écriture.
Donc j'ai écrit un scénario de court métrage. Le pitch: "Charlotte et Louis ont environ 25 ans. Ils sont ensemble depuis quelques années sans vivre ensemble, au grand désepoir de Charlotte qui n'attend que ça. Un soir, passablement énervée par Louis, elle decide de jouer cartes sur tables pour comprendre le refus de Louis. Alors qu'il est sur ses toilettes, elle rentre dans la salle de bains pour lui parler. Ce qui ne devait être qu'une discussion de plus va se transformer en reglement de comptes, et Louis va s'engoufrer un peu plus dans son inconstance chronique."
Il faut que vous ayez à l’esprit que ce film sera très Truffaldien (ça ne veut rien dire, mais ça en jette). Et trés musical. En effet, "Lonely Lovers" est le titre d'une chanson des Stinky Toys, reprise par Lio qui est devenue "Amoureux solitaires". Mais de toute façon, je ne pourrai jamais tourner ce film en français, avec des acteurs français. Marlon Brando est trop vieux, Sandrine Kiberlain est infirmière, Virginie Ledoyen ne veut plus me parler. Il reste peut être Ludivine Sagnier. Je ne sais pas trop. Et puis en fait, j’ai écrit ce film pour un trio d’acteurs américains: Kirsten Dunst, James Franco et Colin Farrell. C’est décidé. Je pars en Amérique.
21.10.05
13- E.T.
Je cherche ma place parmi les hommes.
Je rencontre beaucoup de monde, le microcosme du cinéma est peuplé d’individus qui me sont familiers même si je ne les connais pas. Mais il m’arrive de me retrouver quelquefois dans un monde peuplé d’autres hommes dont je ne comprends pas le langage. Je suis comme un héros de David Lynch qui ne sais jamais ce qui lui arrive, qui est largué. Généralement, ce sont des conversations que j’entends au travail, ou au bistrot, et je me sens perdu.
Exemple :
« fdisk c'est un programme qui te permet de partitionner ton disque dur. Logique. Généralement, il renvoie au logiciel. C'est ce qu'on peut voir dans notre cas. Logique signifie virtuel parce qu' on transforme pas un dd en plusieurs dd physiquement , mais on a l'impression du point de vue logiciel qu'il y a plusieurs dd . »
Réponse : « fdisk est une commande msdos qui partitionne ton dd. La seule et unique façon de cacher son ip est de passer par un proxy. Mais si tu cherches a te planquer a cause d'un log p2p .......... ça va pas le faire. »
Je ne comprends pas.
« C'est la période des transferts, Paris s'est déjà attaché les services de Landrin, Rozehnal et Kalou. On attend toujours l'arrivée de Dhorasoo qui se fait attendre, cependant il devrait bientôt signer(celui-ci ayant déjà donné son accord à Paris). Une fois cette affaire réglée, Paris devrait se mettre en chasse d'un nouvel attaquant. Avec ces nouveaux joueurs plus les anciens (mendy, yepes, armand, cana, (M'Bami, Rothen, Cissé, Letizi, Alonso et Pauleta) paris se montre ambitieux. »
Réponse : « Une très belle équipe sur le papier, avec Fournier qui a fait retrouver son calme aux vestiaires ça peut bien se passer... comme la mayonnaise peut ne pas prendre du tout!! Perso je les vois dans les trois premiers, avec un effectif pareil... »
Je ne comprends toujours pas. Est ce que je suis un homme normal?
Je cherche ma place parmi les hommes.
Je rencontre beaucoup de monde, le microcosme du cinéma est peuplé d’individus qui me sont familiers même si je ne les connais pas. Mais il m’arrive de me retrouver quelquefois dans un monde peuplé d’autres hommes dont je ne comprends pas le langage. Je suis comme un héros de David Lynch qui ne sais jamais ce qui lui arrive, qui est largué. Généralement, ce sont des conversations que j’entends au travail, ou au bistrot, et je me sens perdu.
Exemple :
« fdisk c'est un programme qui te permet de partitionner ton disque dur. Logique. Généralement, il renvoie au logiciel. C'est ce qu'on peut voir dans notre cas. Logique signifie virtuel parce qu' on transforme pas un dd en plusieurs dd physiquement , mais on a l'impression du point de vue logiciel qu'il y a plusieurs dd . »
Réponse : « fdisk est une commande msdos qui partitionne ton dd. La seule et unique façon de cacher son ip est de passer par un proxy. Mais si tu cherches a te planquer a cause d'un log p2p .......... ça va pas le faire. »
Je ne comprends pas.
« C'est la période des transferts, Paris s'est déjà attaché les services de Landrin, Rozehnal et Kalou. On attend toujours l'arrivée de Dhorasoo qui se fait attendre, cependant il devrait bientôt signer(celui-ci ayant déjà donné son accord à Paris). Une fois cette affaire réglée, Paris devrait se mettre en chasse d'un nouvel attaquant. Avec ces nouveaux joueurs plus les anciens (mendy, yepes, armand, cana, (M'Bami, Rothen, Cissé, Letizi, Alonso et Pauleta) paris se montre ambitieux. »
Réponse : « Une très belle équipe sur le papier, avec Fournier qui a fait retrouver son calme aux vestiaires ça peut bien se passer... comme la mayonnaise peut ne pas prendre du tout!! Perso je les vois dans les trois premiers, avec un effectif pareil... »
Je ne comprends toujours pas. Est ce que je suis un homme normal?
12- Le bûcher des vanités.
Je crois que je suis un gros con.
Ça fait maintenant plusieurs jours que je consigne mes souvenirs dans un ouvrage, mais depuis que j’ai commencé ce travail d’archivage de ma pensée, j’ai l’impression d’être de moins en moins dans la réalité de ma propre existence. Et je trouve ça con d’être obligé d’en passer par là pour pouvoir avancer. Je m’ennuie moi même rien qu’en relisant les quelques notes que j’ai écrit. Narcisse. Je suis un narcisse sans pensée. Je n’arrive même pas à tomber amoureux de moi. Ni de mon image, ni de ce qu’il y a à l’intérieur. Je suis un comédien rempli de tics, qui n’a que les défauts de cette profession. Je suis un acteur qui ne travaille pas. Et qui ne travaillera probablement jamais parce que personne ne peut avoir envie de filmer quelqu’un de vide. Le seul premier rôle que j’ai jamais eu est celui d’un agent en assurance dans un film institutionnel pour les assurances Gan. Ils avaient besoin de quelqu’un de « normal » pour jouer ce rôle. S’ils avaient pu lire dans mes pensées, ils auraient vu que je ne suis pas normal. D’ailleurs ce jour là, je n’étais pas Nicolas Vidal, ni même Pierre Langlois, j’étais Cary Grant. Cary Grant peut tout jouer. Même un assureur. Mais Cary Grant ne peut pas jouer ce rôle inepte avec ce texte horrible qui ne veut rien dire. J’ai beau m’imaginer que le metteur en scène est Howard Hawks, que mon partenaire est Tony Curtis, rien n’y fait, je suis le pire comédien du monde. L’assistant réalisateur est mon meilleur ami. Il est devenu ce jour là mon pire cauchemar. Je le déteste d’avoir agi comme ça avec moi. Je ne pouvais pas jouer une phrase sans qu’il me bombarde d’intentions de jeu que je ne comprenais pas. Il n’est pas au courrant mais c’est à cause de cette journée que je ne peux plus supporter ce métier. Il me fait peur. C’est terrible, c’est un film institutionnel qui m’a évincé de la profession. Je n’aurais même pas eu l’occasion d’être descendu par un critique qui n’aurait pas supporté mon jeu ou par un directeur de casting qui n’aurait pas digéré ma tronche. Non, ce sont les assurances GAN qui ont décidé de mon avenir.
Je crois que je suis un gros con.
Ça fait maintenant plusieurs jours que je consigne mes souvenirs dans un ouvrage, mais depuis que j’ai commencé ce travail d’archivage de ma pensée, j’ai l’impression d’être de moins en moins dans la réalité de ma propre existence. Et je trouve ça con d’être obligé d’en passer par là pour pouvoir avancer. Je m’ennuie moi même rien qu’en relisant les quelques notes que j’ai écrit. Narcisse. Je suis un narcisse sans pensée. Je n’arrive même pas à tomber amoureux de moi. Ni de mon image, ni de ce qu’il y a à l’intérieur. Je suis un comédien rempli de tics, qui n’a que les défauts de cette profession. Je suis un acteur qui ne travaille pas. Et qui ne travaillera probablement jamais parce que personne ne peut avoir envie de filmer quelqu’un de vide. Le seul premier rôle que j’ai jamais eu est celui d’un agent en assurance dans un film institutionnel pour les assurances Gan. Ils avaient besoin de quelqu’un de « normal » pour jouer ce rôle. S’ils avaient pu lire dans mes pensées, ils auraient vu que je ne suis pas normal. D’ailleurs ce jour là, je n’étais pas Nicolas Vidal, ni même Pierre Langlois, j’étais Cary Grant. Cary Grant peut tout jouer. Même un assureur. Mais Cary Grant ne peut pas jouer ce rôle inepte avec ce texte horrible qui ne veut rien dire. J’ai beau m’imaginer que le metteur en scène est Howard Hawks, que mon partenaire est Tony Curtis, rien n’y fait, je suis le pire comédien du monde. L’assistant réalisateur est mon meilleur ami. Il est devenu ce jour là mon pire cauchemar. Je le déteste d’avoir agi comme ça avec moi. Je ne pouvais pas jouer une phrase sans qu’il me bombarde d’intentions de jeu que je ne comprenais pas. Il n’est pas au courrant mais c’est à cause de cette journée que je ne peux plus supporter ce métier. Il me fait peur. C’est terrible, c’est un film institutionnel qui m’a évincé de la profession. Je n’aurais même pas eu l’occasion d’être descendu par un critique qui n’aurait pas supporté mon jeu ou par un directeur de casting qui n’aurait pas digéré ma tronche. Non, ce sont les assurances GAN qui ont décidé de mon avenir.
11- France Boutique.
J’ai 24 ans et je suis en vacances à Capbreton.
J’achète Libération en allant à la plage. Mon départ pour Paris est prévu dans quelques semaines. Je ne lis que les pages cultures dans Libération. Dans les autres quotidiens aussi. Les problèmes concernant le monde ne me touchent que très rarement. Ce n’est pas que je sois insensible à la douleur des autres, mais je ne suis pas touché quand je la lis, ou quand je la vois à télé. C’est comme ça.
Je tombe sur une petite annonce : « Seca Productions recherche un chroniqueur cinéma pour une nouvelle émission sur le câble. Profil demandé comédien ou journaliste. Envoyer CV, photos et lettre de motivation originale et personnalisée. » C’est ma chance. C’est pour moi. Je suis même prêt à passer les tests de Monsieur Cinéma pour avoir le job. Je suis Pierre Tchernia.
Je suis trop fier. Je vais faire de la télé, je vais parler de cinéma. Après tout, plein de gens ont commencé par faire de la télé avant de faire du cinéma, et puis voilà.
Je n’ai pas de réponse. En tout cas pas dans les semaines qui suivent, ni dans les mois d’après.
Je reçois un an plus tard une lettre de cette même boite de production. Elle arrive chez mes parents. Moi je fais du théâtre à Paris. Mon père m’appelle, je lui dit d’ouvrir la lettre. La réponse disait en gros que l'émission s'était faite (sans moi j'avais remarqué) parce que mon profil ne correspondait pas, mais que ma lettre "personnelle et originale" avait retenue toute son attention et qu'elle espérait que tout se passait bien pour moi. "Elle", c'est Isabelle Heurtaux. Je ne la connais pas . Je sais juste qu’elle était productrice de l’émission. J’imagine que c’est une femme très occupée. Elle prend le temps un an après de me répondre, sans arrières pensées. Juste parce qu’elle a été touchée. C’est peut être à cause d’elle que j’écris ces lignes. Parce que depuis que j’ai décidé de devenir comédien, je n’ai pas eu beaucoup d’encouragements. En tout cas pas spontanés.
J’ai 24 ans et je suis en vacances à Capbreton.
J’achète Libération en allant à la plage. Mon départ pour Paris est prévu dans quelques semaines. Je ne lis que les pages cultures dans Libération. Dans les autres quotidiens aussi. Les problèmes concernant le monde ne me touchent que très rarement. Ce n’est pas que je sois insensible à la douleur des autres, mais je ne suis pas touché quand je la lis, ou quand je la vois à télé. C’est comme ça.
Je tombe sur une petite annonce : « Seca Productions recherche un chroniqueur cinéma pour une nouvelle émission sur le câble. Profil demandé comédien ou journaliste. Envoyer CV, photos et lettre de motivation originale et personnalisée. » C’est ma chance. C’est pour moi. Je suis même prêt à passer les tests de Monsieur Cinéma pour avoir le job. Je suis Pierre Tchernia.
Je suis trop fier. Je vais faire de la télé, je vais parler de cinéma. Après tout, plein de gens ont commencé par faire de la télé avant de faire du cinéma, et puis voilà.
Je n’ai pas de réponse. En tout cas pas dans les semaines qui suivent, ni dans les mois d’après.
Je reçois un an plus tard une lettre de cette même boite de production. Elle arrive chez mes parents. Moi je fais du théâtre à Paris. Mon père m’appelle, je lui dit d’ouvrir la lettre. La réponse disait en gros que l'émission s'était faite (sans moi j'avais remarqué) parce que mon profil ne correspondait pas, mais que ma lettre "personnelle et originale" avait retenue toute son attention et qu'elle espérait que tout se passait bien pour moi. "Elle", c'est Isabelle Heurtaux. Je ne la connais pas . Je sais juste qu’elle était productrice de l’émission. J’imagine que c’est une femme très occupée. Elle prend le temps un an après de me répondre, sans arrières pensées. Juste parce qu’elle a été touchée. C’est peut être à cause d’elle que j’écris ces lignes. Parce que depuis que j’ai décidé de devenir comédien, je n’ai pas eu beaucoup d’encouragements. En tout cas pas spontanés.
20.10.05

10- L'année des méduses.
Valérie Kaprisky dans un bar m’a souri. Je ne l’avais pas reconnu, ça ne lui a pas beaucoup plu ; je me suis rattrapé en lui offrant un thé on a parlé de Zulawski, de mon blouson kaki. Son regard m’a ému mon sourire lui a plu, on est allé chez moi dans ma chambre sous les toits. Au mur « La femme publique »,un livre de Stanley Kubrick trônait sur la table basse j’étais un peu à la masse. Elle a pas beaucoup parlé moi elle m’intimidait, l’idole de mes douze ans dans mon appartement. C’est elle qui m’a embrassé, j’étais un peu empoté, peu à peu j’ai basculé, je me suis cassé le nez. La table en verre du salon était trop prés du futon, mas narines pissaient le sang, j’avais vraiment l’air d’un con. Elle est partie en riant, en m’embrassant tendrement. D’un geste lent de la main je lui ai dit à demain. De la tête elle m’a dit non, même si tu es très mignon. Le téléphone a sonné, Juliette m’a réveillé.
9- Vol au dessus d'un nid de coucou.
Qui est Nicolas Vidal ?
Non ce n’est pas moi. Moi je suis Pierre Langlois. Je veux devenir acteur. Et puis merde. Je ne veux pas devenir acteur. Je suis acteur. J’ai même été invité dans des soirées ou il y avait des acteurs connus. Ça veut dire que je suis quelqu’un moi aussi puisqu’on m’invite. J’ai même discuté avec Serena qui a fait une émission de télé réalité mais en fait c’est une actrice. J’ai même son numéro de téléphone. Alors vous voyez que je vaux la peine d’être connu. Et puis j’ai souris à Michel Blanc aussi J’ai pas arrêté de le croiser dans la rue et je suis sûr que maintenant il me reconnaît. Si j’en suis sûr. Même Anémone est venu me voir jouer au théâtre. Elle m’a félicité. Elle a dit que la pièce était nulle mais que moi j’étais exceptionnel ! Exceptionnel, c’est exactement ça qu’elle a dit. Et puis quand j’ai reçu mon césar des mains de Catherine Jacob, vous ne vous en souvenez pas ? Elle a dit « Félicitations Monsieur Langlois, avec un nom pareil vous étiez prédestiné à devenir quelqu’un ». Et toute la salle a rigolé. Moi aussi je riais. J’étais super à l’aise et super content. J’ai juste remercié le réalisateur avec qui j’avais travaillé. Et quand Johnny Depp m’a reçu chez lui , à la campagne pour me parler du métier, avec son chapeau de paille sur la tête, il m’a dit que j’étais probablement son héritier, en tout cas qu’il n’en voyait pas d’autres pour le moment. Vous ne me croyez toujours pas ? Je vous jure que j’ai vécu tout ça. Je ne mens pas.
Je m’appelle Nicolas Vidal. J’ai 28 ans. Je viens de Bordeaux. Je n’ai pas de problèmes existentiels dans la vie. Je rêvais juste de devenir comédien. On reprend.
J’ai deux vies. La vraie, et la rêvée. Dans la rêvée, je rencontre beaucoup de monde. Beaucoup de gens du cinéma. Mais est ce que ça vaut la peine d’en parler ?
Qui est Nicolas Vidal ?
Non ce n’est pas moi. Moi je suis Pierre Langlois. Je veux devenir acteur. Et puis merde. Je ne veux pas devenir acteur. Je suis acteur. J’ai même été invité dans des soirées ou il y avait des acteurs connus. Ça veut dire que je suis quelqu’un moi aussi puisqu’on m’invite. J’ai même discuté avec Serena qui a fait une émission de télé réalité mais en fait c’est une actrice. J’ai même son numéro de téléphone. Alors vous voyez que je vaux la peine d’être connu. Et puis j’ai souris à Michel Blanc aussi J’ai pas arrêté de le croiser dans la rue et je suis sûr que maintenant il me reconnaît. Si j’en suis sûr. Même Anémone est venu me voir jouer au théâtre. Elle m’a félicité. Elle a dit que la pièce était nulle mais que moi j’étais exceptionnel ! Exceptionnel, c’est exactement ça qu’elle a dit. Et puis quand j’ai reçu mon césar des mains de Catherine Jacob, vous ne vous en souvenez pas ? Elle a dit « Félicitations Monsieur Langlois, avec un nom pareil vous étiez prédestiné à devenir quelqu’un ». Et toute la salle a rigolé. Moi aussi je riais. J’étais super à l’aise et super content. J’ai juste remercié le réalisateur avec qui j’avais travaillé. Et quand Johnny Depp m’a reçu chez lui , à la campagne pour me parler du métier, avec son chapeau de paille sur la tête, il m’a dit que j’étais probablement son héritier, en tout cas qu’il n’en voyait pas d’autres pour le moment. Vous ne me croyez toujours pas ? Je vous jure que j’ai vécu tout ça. Je ne mens pas.
Je m’appelle Nicolas Vidal. J’ai 28 ans. Je viens de Bordeaux. Je n’ai pas de problèmes existentiels dans la vie. Je rêvais juste de devenir comédien. On reprend.
J’ai deux vies. La vraie, et la rêvée. Dans la rêvée, je rencontre beaucoup de monde. Beaucoup de gens du cinéma. Mais est ce que ça vaut la peine d’en parler ?
19.10.05

7- Un tramway nommé désir.
Je deviens ami avec Marlon Brando.
Il arrive, décontracté, dans la grande salle du Cours Simon. Il porte un jean troué, un t- shirt blanc très moulant qui cache une musculature visible, et une coupe de cheveux déstructurée. Je le regarde. Il est de trois quart, il ne me voit pas l’observer. Je ne l’avais jamais vu. En fait il était chez les débutants, c’est pour ça que je ne le connaissais pas. Le prof fait l’appel. Je n’entend pas son vrai nom. Moi j’entends : « Brando ! Présent »
On devient ami. J’ai toujours aimé m’entourer des gens que je trouve beaux. Ça me rassure. Je peux me cacher derrière eux. Et du coup je me dis que eux aussi, peut être qu’ils me trouvent séduisants. Mais n’oublions pas qu’à cette époque, je suis Bernard Menez. Finalement l’affiche est alléchante : Marlon Brando et Bernard Menez. Et on devient ami. Mais Marlon est très occupé, il ne vient pas souvent en cours, et il me fait confiance. J’ai plus d’expérience que lui en matière de théâtre et il me demande de l’aider à travailler ses scènes. C’est à ce moment là que je me suis transformé en Elia Kazan. La greffe a bien pris. Je lui fait répéter « La Peste », un monologue crée par Francis Huster, que je n’aime pas du tout car j’ai détesté sa manière de jouer toute la pièce les yeux fermés. Mais Elia Kazan et Marlon Brando peuvent monter n’importe quelle pièce. Je le fait répéter sans que le professeur soit au courrant, et il trouve que Marlon se débrouille pas mal. Il lui fait quelquefois les mêmes commentaires que moi sur son jeu, parce que Marlon est un peu têtu et qu’il a quand même des défauts, mais dans l’ensemble le professeur est content. Moi aussi. Je commence à prendre goût à ce rôle de pygmallion.
Et puis Marlon fait sa première audition publique. C’est étrange ce terme d’audition publique. On a l’impression que vont être jeté en pâture des hordes de nouveaux talents qu’il va falloir identifier et dont on ne pourra plus se passer. Je suis assis dans la salle. J’ai peur. J’ai encore plus peur que si c’était moi qu’on venait voir. Et il débarque. La lumière s’allume. Il commence à parler. Je joue en même temps que lui, il se produit une osmose bizarre, la scène avance, j’ai l’impression que mes jambes flagellent, il termine la scène dans un pic d’émotions, j’ai envie de pleurer, tout le monde applaudit, et je sors vite de la salle pour ne pas qu’on s’en aperçoive. Il sort des coulisses, me sourit, j’ai envie de le serrer dans mes bras, mais on ne serre pas Marlon Brando dans ses bras.
Depuis il a pris sa retraite, il devait savoir qu’il ne pourrait plus jamais faire mieux que ce premier jet.
J’ai failli devenir Tennessee Williams pour lui. Je m’étais mis à lui écrire une pièce que je voulais monter avec Sandrine Kiberlain, une actrice incroyable que je n’avais jamais vu jouer mais dont la personnalité était tellement séduisante que je voulais absolument travailler avec elle. Je dis « voulais » car elle a aussi pris sa retraite et maintenant elle est infirmière.
Je n’ai jamais réussi à écrire cette pièce.
Mais j’ai quand même écrit pleins d’autres trucs. Notamment des nouvelles, des chansons, et surtout un tas de textes destinés à être joués, mais injouables pour des comédiens tellement c’était mauvais. Je me souviens d’avoir écrit une sorte de pièce de théâtre qui s’appelait « merci l’amour », et qui racontait l’histoire de deux clochards qui tombaient amoureux d’une pute. Je trouvais cette idée très originale, et j’ai commencé à écrire des dialogues très pointus, un rien vulgaire, et surtout d’un cliché absolu. Mais le plus grave, c’est que je pompais allègrement le scénario de « Mon Homme » de Bertrand Blier, et que je ne m’en suis aperçu qu’une fois la trame de l’histoire écrite. Et comme pour tout ce que j’ai entrepris, au départ, je me suis pris pour quelqu’un d’autre. En l’occurrence, je me suis pris pour Bertrand Blier. En fait je ne me suis pas pris pour lui, j’étais lui ! Voilà le fond du problème. Encore une fois, Pierre Langlois se prend pour quelqu’un d’autre, dés qu’il fait quelque chose, il faut qu’il se transforme, pardon, que je me transforme, que l’on se transforme, mais qui suis-je ? Excusez-moi, je viens d’avoir un moment de doute, je ne savais plus qui j’étais l’espace d’un instant. J’ai l’impression d’enfanter un monstre, ce Pierre Langlois là, il ne me plait pas beaucoup. Il est un peu trop vampirique, il me fait un peu peur.
17.10.05
4- Le goût des autres.
Je m’appelle Pierre Langlois.
J’ai 24 ans et je m’inscris au Cours Simon. Je passe une audition devant une salle pleine d’élèves qui sont déjà inscrit au cours et d’autres qui passent l’audition comme moi. (réalité) J’ai économisé de l’argent pour venir à Paris, venant de Province, et le monde m’appartient. J’ai préparé comme on m’a dit une scène, j’ai choisi un monologue de Xavier Durringer assez violent que j’ai déjà joué dans un spectacle et pour lequel j’avais été félicité par mes amis fans présents dans la salle. C’est mon tour, je me lève, je monte sur l’estrade et je commence. Je m’adresse à l’assistance (ça fait partie de la mise en scène) mais ils m’impressionnent. Je m’accroche au regard de Bruno, je ne sais pas encore qu’il s’appelle comme ça, car il a l’air gentil. Il s’en prend plein la gueule puisque mon personnage est violent, et toute la salle rigole. C’est censé être une scène dramatique. Je termine. La directrice me pose quelques questions : « Monsieur Langlois, avez-vous déjà fait du théâtre, monsieur vous êtes très drôle, est ce que vous écrivez ? Oui vous écrivez, alors faites nous un de vos sketches ! Vous n’écrivez pas des sketchs ? Mais qu’écrivez vous alors ? Très bien, vous viendrez me voir dans mon bureau après l’audition. Merci. »
On se retrouve, on est quatre dans le bureau de la directrice, on nous annonce qu’on est bons, que notre niveau de jeu est supérieur aux autres et que nous allons rentrer directement dans la classe sans passer par la case débutant ou vont tous les élèves qui arrivent dans l’école.
Je suis très fier. Je ne me suis pas trompé, j’ai bien fait de partir d’Auxerre ou j’ai grandi, de quitter mes parents inquiets. (semi fiction, je viens de Bordeaux et mes parents étaient effectivement inquiets)
Je démarre les cours, je me retrouve au milieu d’une faune étrange, qu’on appelle les comédiens, ils parlent forts, ils rient, les garçons se font la bise pour se dire bonjour, les filles sont jolies, les garçons pas mal non plus, je suis perdu mais je ne le montre pas. Mickey Rourke n’est pas perdu, il n’a pas peur, il a affronté le diable dans « Angel Heart », donc je n’ai pas peur. En fait je ne suis pas Mickey Rourke, je fais dans mon benne, et je pense plutôt que je suis Bernard Menez vu qu’on m’a demandé d’apprendre deux scènes comiques -puisque j’en suis un - dont le rôle de La Flèche dans « l’avare » et « jean de la lune » et je crois d’ailleurs que Bernard Menez a joué ce rôle mais je n’en suis pas sûr.
Je m’emmerde mollement les mois qui suivent parce qu’en fait je ne monte jamais sur scène. On m’explique que c’est normal, que je viens d’arriver, qu’il faut attendre un peu, c’est la hiérarchie. Et moi je déteste la hiérarchie. Ça m’emmerde la hiérarchie. J’ai envie de taper mes supérieurs. Et en plus je n’aime pas mon professeur. J’ai envie de lui plaire mais je vois que je ne lui plait pas. Je passe des heures après les cours avec mes nouveaux camarades mais je ne suis pas très heureux. On est au bar, on écoute le professeur nous parler de Sacha Guitry, mais moi je m’en fous. Ce n’est pas de Sacha Guitry don j’ai envie qu’on me parle, mais de Maurice Pialat, de Claude Sautet. Heureusement que je suis toujours abonné à Première, le magazine du cinéma, et aussi à Studio magazine. Et que mon nouvel amour s’appelle Virginie Ledoyen. Je suis tombé amoureux d’elle, comme par magie. Je l’ai vu dans « La cérémonie » et dans « Jeanne et le garçon formidable », un titre qui me plait mais ne me demandez pas pourquoi. On a été très heureux pendant un certain temps. Elle n’était pas aussi amoureuse de moi que moi d’elle. C’est la vie. De toute façon, je ne crois pas être fait pour être avec une actrice. Ce n’est pas la première avec qui ça ne se passe pas très bien. Je m’étais déjà cassé les dents sur Sophie Marceau, Valérie Kaprisky, Elodie Bouchez…Donc je m’ennuie ferme dans ce cour de théâtre. Sauf une fois. Parce qu’on me demande de jouer le rôle de Sébastien dans « Château en Suède » de Françoise Sagan. Et même si je ne suis pas très bon dans ce rôle (c’est Bertrand qui me l’a dit), je prend beaucoup de plaisir à dire les mots de Sagan, auteur chérie depuis que j ‘ai découvert ses livres dans la bibliothèque de mes parents. Et puis il a débarqué.
Je m’appelle Pierre Langlois.
J’ai 24 ans et je m’inscris au Cours Simon. Je passe une audition devant une salle pleine d’élèves qui sont déjà inscrit au cours et d’autres qui passent l’audition comme moi. (réalité) J’ai économisé de l’argent pour venir à Paris, venant de Province, et le monde m’appartient. J’ai préparé comme on m’a dit une scène, j’ai choisi un monologue de Xavier Durringer assez violent que j’ai déjà joué dans un spectacle et pour lequel j’avais été félicité par mes amis fans présents dans la salle. C’est mon tour, je me lève, je monte sur l’estrade et je commence. Je m’adresse à l’assistance (ça fait partie de la mise en scène) mais ils m’impressionnent. Je m’accroche au regard de Bruno, je ne sais pas encore qu’il s’appelle comme ça, car il a l’air gentil. Il s’en prend plein la gueule puisque mon personnage est violent, et toute la salle rigole. C’est censé être une scène dramatique. Je termine. La directrice me pose quelques questions : « Monsieur Langlois, avez-vous déjà fait du théâtre, monsieur vous êtes très drôle, est ce que vous écrivez ? Oui vous écrivez, alors faites nous un de vos sketches ! Vous n’écrivez pas des sketchs ? Mais qu’écrivez vous alors ? Très bien, vous viendrez me voir dans mon bureau après l’audition. Merci. »
On se retrouve, on est quatre dans le bureau de la directrice, on nous annonce qu’on est bons, que notre niveau de jeu est supérieur aux autres et que nous allons rentrer directement dans la classe sans passer par la case débutant ou vont tous les élèves qui arrivent dans l’école.
Je suis très fier. Je ne me suis pas trompé, j’ai bien fait de partir d’Auxerre ou j’ai grandi, de quitter mes parents inquiets. (semi fiction, je viens de Bordeaux et mes parents étaient effectivement inquiets)
Je démarre les cours, je me retrouve au milieu d’une faune étrange, qu’on appelle les comédiens, ils parlent forts, ils rient, les garçons se font la bise pour se dire bonjour, les filles sont jolies, les garçons pas mal non plus, je suis perdu mais je ne le montre pas. Mickey Rourke n’est pas perdu, il n’a pas peur, il a affronté le diable dans « Angel Heart », donc je n’ai pas peur. En fait je ne suis pas Mickey Rourke, je fais dans mon benne, et je pense plutôt que je suis Bernard Menez vu qu’on m’a demandé d’apprendre deux scènes comiques -puisque j’en suis un - dont le rôle de La Flèche dans « l’avare » et « jean de la lune » et je crois d’ailleurs que Bernard Menez a joué ce rôle mais je n’en suis pas sûr.
Je m’emmerde mollement les mois qui suivent parce qu’en fait je ne monte jamais sur scène. On m’explique que c’est normal, que je viens d’arriver, qu’il faut attendre un peu, c’est la hiérarchie. Et moi je déteste la hiérarchie. Ça m’emmerde la hiérarchie. J’ai envie de taper mes supérieurs. Et en plus je n’aime pas mon professeur. J’ai envie de lui plaire mais je vois que je ne lui plait pas. Je passe des heures après les cours avec mes nouveaux camarades mais je ne suis pas très heureux. On est au bar, on écoute le professeur nous parler de Sacha Guitry, mais moi je m’en fous. Ce n’est pas de Sacha Guitry don j’ai envie qu’on me parle, mais de Maurice Pialat, de Claude Sautet. Heureusement que je suis toujours abonné à Première, le magazine du cinéma, et aussi à Studio magazine. Et que mon nouvel amour s’appelle Virginie Ledoyen. Je suis tombé amoureux d’elle, comme par magie. Je l’ai vu dans « La cérémonie » et dans « Jeanne et le garçon formidable », un titre qui me plait mais ne me demandez pas pourquoi. On a été très heureux pendant un certain temps. Elle n’était pas aussi amoureuse de moi que moi d’elle. C’est la vie. De toute façon, je ne crois pas être fait pour être avec une actrice. Ce n’est pas la première avec qui ça ne se passe pas très bien. Je m’étais déjà cassé les dents sur Sophie Marceau, Valérie Kaprisky, Elodie Bouchez…Donc je m’ennuie ferme dans ce cour de théâtre. Sauf une fois. Parce qu’on me demande de jouer le rôle de Sébastien dans « Château en Suède » de Françoise Sagan. Et même si je ne suis pas très bon dans ce rôle (c’est Bertrand qui me l’a dit), je prend beaucoup de plaisir à dire les mots de Sagan, auteur chérie depuis que j ‘ai découvert ses livres dans la bibliothèque de mes parents. Et puis il a débarqué.
14.10.05
3- L'éffrontée.
Je suis monté sur scène pour la première fois de ma vie quand j’avais 13 ans.
J’étais en cinquième. J’avais un an de retard car j’étais un peu cancre à l’école primaire et j’avais redoublé mon CM1, grand traumatisme pour moi. Mais il paraît que beaucoup d’acteurs étaient des cancres, ça aussi c’était écrit dans Première, le magazine du cinéma.
Un soir, un camarade de classe me dit de venir avec lui au cour de théâtre parce que je devais attendre mes parents qui étaient en retard pour venir me chercher. Je ne savais même pas qu’il y avait des cours de théâtre dans ce collège de la banlieue bordelaise. Donc j’arrive dans le gymnase ou se déroulait l’atelier, et il y avait une dizaine d’élèves, de la sixième à la troisième qui commençaient à répéter une pièce de Marivaux. Je ne savait pas qui était Marivaux. Je ne savais pas grand chose du reste sur le théâtre. J’avais plus de facilités à retenir tous les noms propres que je lisais dans Première, le magazine du cinéma, que n’importe quelle leçon d’histoire ou de littérature.
Il manquait un groupe de personnes pour jouer les diables qui entouraient dans une scène l’héroïne, et hop, je suis devenu le diable dés mon premier cour de théâtre.
Je n’ai pas de souvenirs précis concernant cette première expérience. Je me souviens juste d’avoir aussi joué le docteur Knock avec Aurélie qui jouait la campagnarde, et d’avoir fait le mec bourré avec Maxime dans une autre scène. C’est tout. Ah non, c’est aussi là que j’ai rencontré Betty, qui 15 ans après est devenue l’une de mes meilleurs amies.
Mais je n’ai aucuns souvenirs concernant le jeu. Je crois que je me suis toujours pris pour un acteur, sauf quand j’étais sur scène.
Et puis j’ai grandi. J’ai eu 15 ans. L’adolescence ingrate avec quelques boutons sur la face, des cheveux longs, et Robert Smith et les Cure en boucle sur mon walk man. Toujours du théâtre, avec un mal être épouvantable qui ne m’a plus jamais quitté, et mon premier premier rôle, dans une pièce qui s’appelait « Ah les cochons ». Trois semaines pour apprendre une pièce avec les chansons et les danses, un costume de cochon rose, et plein de jeunes comédiens sur scène, tous sûrs d’eux, qui me dévisageaient et avec qui je n’arrivais pas à m’intégrer.
Il est important que vous sachiez que je n’ai jamais eu confiance en moi et que je ne m’aime pas beaucoup. Mais j’ai la vanité de péter toujours plus haut que mon cul et de ne jamais montrer que je ne vais pas bien. D’ou le décalage permanent entre ce que je montre et ce que je ressens.
Il était donc impensable pour moi de refuser un premier rôle. Mais je m’égare. Je suis en train de vous raconter mon histoire comme si j’avais été le candidat d’ une émission de télé réalité et qu’on m’avait forcé à raconter mon destin exceptionnel pour faire rentrer de l’argent dans les caisses d’un éditeur qui m’aurait soutenu qu’effectivement j’ai beaucoup de talent. Alors qu’en fait je ne sais pas si j’ai beaucoup de talent. Je n’ai rien fait ou presque et il me prend l’idée de raconter ma vie comme ça, alors que ce n’est pas ce que je voulais faire. Il faudrait mettre des coupons réponses à la fin des livres pour que les lecteurs puissent nous renvoyer tous nos défauts à nous autres, auteurs. Et voilà, je recommence. Maintenant je m’inclue dans la grande famille de la littérature en me traitant d’auteur alors que…C’est pas mal cette idée de coupon réponse. Il faudrait cocher des cases : trop impudique, inconsistant, mal écrit, égocentrisme prononcé…ça éviterait à plein de gens de trop écrire. En même temps je dis ça alors que je lis très peu et uniquement des romans de Françoise Sagan, de Philippe Djian, de Michel Houellebecq, et parfois de Bret Easton Ellis. Après, pour ne pas avoir l’air bête quand on me parle d’auteurs que je n’ai pas lu, je cite les critiques des Inrockuptibles en priant pour que mon interlocuteur n’ai pas lu l’article.
Mais comme je suis égocentrique, je ne vais pas m’arrêter d’écrire pour autant. Même si je ne suis pas connu. Et d’abord je retranscris la vérité. Donc ce n’est pas la vérité. C’est une vérité subjective et je ne dirais que ce j’ai envie de dire. Et du coup, je vais raconter ma vie sans que cela ne soit la mienne. A vous de reconnaître ma vraie vie et ma fausse. Il y aura quelquefois des indications, mais pas toujours. A partit de maintenant, mon nom est Pierre Langlois. Langlois, comme le mec de la cinémathèque. Ça fait plus cinématographique. J’ai 29 ans et je travaille dans le cinéma. Enfin c’est ce que je crois. (fiction)
Je suis monté sur scène pour la première fois de ma vie quand j’avais 13 ans.
J’étais en cinquième. J’avais un an de retard car j’étais un peu cancre à l’école primaire et j’avais redoublé mon CM1, grand traumatisme pour moi. Mais il paraît que beaucoup d’acteurs étaient des cancres, ça aussi c’était écrit dans Première, le magazine du cinéma.
Un soir, un camarade de classe me dit de venir avec lui au cour de théâtre parce que je devais attendre mes parents qui étaient en retard pour venir me chercher. Je ne savais même pas qu’il y avait des cours de théâtre dans ce collège de la banlieue bordelaise. Donc j’arrive dans le gymnase ou se déroulait l’atelier, et il y avait une dizaine d’élèves, de la sixième à la troisième qui commençaient à répéter une pièce de Marivaux. Je ne savait pas qui était Marivaux. Je ne savais pas grand chose du reste sur le théâtre. J’avais plus de facilités à retenir tous les noms propres que je lisais dans Première, le magazine du cinéma, que n’importe quelle leçon d’histoire ou de littérature.
Il manquait un groupe de personnes pour jouer les diables qui entouraient dans une scène l’héroïne, et hop, je suis devenu le diable dés mon premier cour de théâtre.
Je n’ai pas de souvenirs précis concernant cette première expérience. Je me souviens juste d’avoir aussi joué le docteur Knock avec Aurélie qui jouait la campagnarde, et d’avoir fait le mec bourré avec Maxime dans une autre scène. C’est tout. Ah non, c’est aussi là que j’ai rencontré Betty, qui 15 ans après est devenue l’une de mes meilleurs amies.
Mais je n’ai aucuns souvenirs concernant le jeu. Je crois que je me suis toujours pris pour un acteur, sauf quand j’étais sur scène.
Et puis j’ai grandi. J’ai eu 15 ans. L’adolescence ingrate avec quelques boutons sur la face, des cheveux longs, et Robert Smith et les Cure en boucle sur mon walk man. Toujours du théâtre, avec un mal être épouvantable qui ne m’a plus jamais quitté, et mon premier premier rôle, dans une pièce qui s’appelait « Ah les cochons ». Trois semaines pour apprendre une pièce avec les chansons et les danses, un costume de cochon rose, et plein de jeunes comédiens sur scène, tous sûrs d’eux, qui me dévisageaient et avec qui je n’arrivais pas à m’intégrer.
Il est important que vous sachiez que je n’ai jamais eu confiance en moi et que je ne m’aime pas beaucoup. Mais j’ai la vanité de péter toujours plus haut que mon cul et de ne jamais montrer que je ne vais pas bien. D’ou le décalage permanent entre ce que je montre et ce que je ressens.
Il était donc impensable pour moi de refuser un premier rôle. Mais je m’égare. Je suis en train de vous raconter mon histoire comme si j’avais été le candidat d’ une émission de télé réalité et qu’on m’avait forcé à raconter mon destin exceptionnel pour faire rentrer de l’argent dans les caisses d’un éditeur qui m’aurait soutenu qu’effectivement j’ai beaucoup de talent. Alors qu’en fait je ne sais pas si j’ai beaucoup de talent. Je n’ai rien fait ou presque et il me prend l’idée de raconter ma vie comme ça, alors que ce n’est pas ce que je voulais faire. Il faudrait mettre des coupons réponses à la fin des livres pour que les lecteurs puissent nous renvoyer tous nos défauts à nous autres, auteurs. Et voilà, je recommence. Maintenant je m’inclue dans la grande famille de la littérature en me traitant d’auteur alors que…C’est pas mal cette idée de coupon réponse. Il faudrait cocher des cases : trop impudique, inconsistant, mal écrit, égocentrisme prononcé…ça éviterait à plein de gens de trop écrire. En même temps je dis ça alors que je lis très peu et uniquement des romans de Françoise Sagan, de Philippe Djian, de Michel Houellebecq, et parfois de Bret Easton Ellis. Après, pour ne pas avoir l’air bête quand on me parle d’auteurs que je n’ai pas lu, je cite les critiques des Inrockuptibles en priant pour que mon interlocuteur n’ai pas lu l’article.
Mais comme je suis égocentrique, je ne vais pas m’arrêter d’écrire pour autant. Même si je ne suis pas connu. Et d’abord je retranscris la vérité. Donc ce n’est pas la vérité. C’est une vérité subjective et je ne dirais que ce j’ai envie de dire. Et du coup, je vais raconter ma vie sans que cela ne soit la mienne. A vous de reconnaître ma vraie vie et ma fausse. Il y aura quelquefois des indications, mais pas toujours. A partit de maintenant, mon nom est Pierre Langlois. Langlois, comme le mec de la cinémathèque. Ça fait plus cinématographique. J’ai 29 ans et je travaille dans le cinéma. Enfin c’est ce que je crois. (fiction)
13.10.05

2- Le garçu.
Gerard Depardieu m'a fait pleurer.
J'ai 29 ans depuis 2 jours, et je suis encore capable de pleurer devant ma télé à cause d'un acteur, alors que je ne pleure jamais pour ce qui concerne ma vraie vie. C'est fou ça.
Bref, mes amis m'ont offert pour mon anniversaire un coffret contenant les films de Maurice Pialat (merci beaucoup mes amis), dont "Le Garçu", film avec Depardieu et Geraldine Pailhas (mon actrice préférée). Je passe sur le film que je connais par coeur parce que je l'ai vu plusieurs fois, mais je m'arrêtes sur les bonus. C'est ça qui est bien avec les bonus, c'est qu'on découvre quelquefois des choses inédites trés intéressantes qui éclairent l'oeuvre. En tout cas, dans le coffret, il y a plein de choses incroyables. Dont une interview de Gerad Depardieu à propos du Garçu. Jusque là rien de trés nouveaux, Depardieu est un des acteurs fétiches de Pialat, et puis on en a vu des interviews du Gégé. Et d'ailleurs ça commence comme d'hab, il nous fait son numéro, on a l'impréssion qu'il s'emmerde, et puis tout d'un coup surgit une émotion palpable. Il éclate de rire et passe d'un coup du rire au larmes en une seconde. Il est tellement sincère que je suis désarmé devant ma télé. J'ai envie de le consoler mais je ne peux pas. Je pleure avec lui. Je suis touché comme si Pialat avait été un ami proche et qu'on se remémorait des souvenirs avec Gerard. Je reprend mes esprits. Je ne les connais pas. Mais ils me fascinent. Tous les deux. Le mort et le vivant. Le mort parce que j'imagine que si quelqu'un réagit comme ça en l'évoquant, c'est que ce devait être quelqu'un de bien (et puis parce que c'est Pialat), le vivant parce que c'est Depardieu. Je ne suis pas capable de pleurer en pensant aux choses tristes qui ont pu m'arriver ou par rapport aux problèmes que je peux renconter, par contre je pleure parce que Depardieu est triste d'avoir perdu Pialat.
Je ne veux plus faire de cinéma. Je ne veux plus être acteur. Et je voudrais bien pleurer sur mon sort.
1- Meilleur espoir féminin
Je rêvais de devenir comédien. Ou plutôt non, acteur de cinéma. C’est mieux.
Je crois que j’ai pris cette décision le jour ou je suis allé pour la première fois au cinéma, je devais avoir 4 ou 5 ans, et j’ai décidé que je deviendrai ça : une sorte de bête de foire, classe, très belle, aimable. Le pire, c’est que j’y ai cru, et que quelquefois j’y crois encore dans mes moments de faiblesse. Je crois que je peux encore devenir quelqu’un de classe, beau et aimable. C’est relativement triste finalement.
Jj’ai quand même décidé de devenir pendant plusieurs années un apprenti acteur , en rêvant devant les photos de modèles à qui je voulais ressembler. Oui, je voulais aussi ressembler à des actrices. Ce n’est pas grave en soi, mais quand même un peu, c’est pourquoi je le mentionne.
Celui à qui je voulais ressembler le plus, c’était Mickey Rourke. Il était assez beau, un peu violent, il souriait en ayant l’air de dire je vous emmerde, et c’était surtout un grand comédien. Et effectivement je lui ressemblais un peu : j’étais timide, très efféminé, mais, paraît t il – d’après Christine l’esthéticienne chez qui ma mère se faisait épiler- doté d’un regard et d’une couleur d’yeux qui allaient faire fondre toutes les jeunes filles. Donc ravi de cet atout majeur, j’allais peut être pouvoir conquérir le 7ème art et faire craquer les jeunes actrices qui ne tarderaient pas à me trouver irrésistible, comme Christine. Malheureusement je n’avais que 12 ans, et c’était un petit peu tôt. D’autant plus que côté filles, ça ne marchait pas très fort. Quoiqu’à cette époque, j’avais déjà roulé ma première pelle à Virginie S sur « Nothing’s gonna change my love for you » de Glenn Medeiros. C ‘était la bande originale parfaite pour cette première fois. Aussi huilée que la musique de « la boum 2 », quand Pierre Cosso embrassait Sophie Marceau. Sauf que je n’aimais pas Pierre Cosso. Je ne voulais pas être lui. J’étais…Wadeck Stanczack. Il avait un nom original, il tirait la tronche sur les photos, et il était l’amoureux de Béatrice Dalle dans « Chimère ». Donc je voulais être lui, musclé, et tourner dans des films d’auteurs avec André Téchiné. Je savais que c’était un auteur car je l’avais lu dans Première, le magazine du cinéma, et que mes parents peu regardant sur le contenu des films m’avaient permis de regarder « Rendez-vous », film un peu violent sur une jeune fille qui veut devenir comédienne et qui arrive à Paris de sa province. J’ai toujours trouvé ce film romantique. Et moi je suis provincial. Donc le jour ou j’ai embrassé Virginie S, j’étais à la fois Wadeck Stanczack ET Juliette Binoche. Quand je vous disais que j’étais un peu une actrice aussi.
Malgré tout je ne savais pas très bien ce que c’était un acteur. Jusqu’à ce que je fasse du théâtre. Et même après je ne savais pas très bien ce que c’était. Et en fait je ne ressemblais pas du tout à Mickey Rourke. Ma plus grande désillusion concernant ma supposée ressemblance avec lui est arrivé en Angleterre. Mon correspondant anglais, Ben, était gentil et pour me faire plaisir m’avait dit que je lui ressemblait. Mais sa grand mère, folle de Brigitte Bardot et ayant appris que je faisais du théâtre, avait voulu me faire un compliment et elle m’avait dit que je ressemblais à Dustin Hoffman. Je venais de voir « Rain Man ». J’ai pleuré pendant deux jours.
Je rêvais de devenir comédien. Ou plutôt non, acteur de cinéma. C’est mieux.
Je crois que j’ai pris cette décision le jour ou je suis allé pour la première fois au cinéma, je devais avoir 4 ou 5 ans, et j’ai décidé que je deviendrai ça : une sorte de bête de foire, classe, très belle, aimable. Le pire, c’est que j’y ai cru, et que quelquefois j’y crois encore dans mes moments de faiblesse. Je crois que je peux encore devenir quelqu’un de classe, beau et aimable. C’est relativement triste finalement.
Jj’ai quand même décidé de devenir pendant plusieurs années un apprenti acteur , en rêvant devant les photos de modèles à qui je voulais ressembler. Oui, je voulais aussi ressembler à des actrices. Ce n’est pas grave en soi, mais quand même un peu, c’est pourquoi je le mentionne.
Celui à qui je voulais ressembler le plus, c’était Mickey Rourke. Il était assez beau, un peu violent, il souriait en ayant l’air de dire je vous emmerde, et c’était surtout un grand comédien. Et effectivement je lui ressemblais un peu : j’étais timide, très efféminé, mais, paraît t il – d’après Christine l’esthéticienne chez qui ma mère se faisait épiler- doté d’un regard et d’une couleur d’yeux qui allaient faire fondre toutes les jeunes filles. Donc ravi de cet atout majeur, j’allais peut être pouvoir conquérir le 7ème art et faire craquer les jeunes actrices qui ne tarderaient pas à me trouver irrésistible, comme Christine. Malheureusement je n’avais que 12 ans, et c’était un petit peu tôt. D’autant plus que côté filles, ça ne marchait pas très fort. Quoiqu’à cette époque, j’avais déjà roulé ma première pelle à Virginie S sur « Nothing’s gonna change my love for you » de Glenn Medeiros. C ‘était la bande originale parfaite pour cette première fois. Aussi huilée que la musique de « la boum 2 », quand Pierre Cosso embrassait Sophie Marceau. Sauf que je n’aimais pas Pierre Cosso. Je ne voulais pas être lui. J’étais…Wadeck Stanczack. Il avait un nom original, il tirait la tronche sur les photos, et il était l’amoureux de Béatrice Dalle dans « Chimère ». Donc je voulais être lui, musclé, et tourner dans des films d’auteurs avec André Téchiné. Je savais que c’était un auteur car je l’avais lu dans Première, le magazine du cinéma, et que mes parents peu regardant sur le contenu des films m’avaient permis de regarder « Rendez-vous », film un peu violent sur une jeune fille qui veut devenir comédienne et qui arrive à Paris de sa province. J’ai toujours trouvé ce film romantique. Et moi je suis provincial. Donc le jour ou j’ai embrassé Virginie S, j’étais à la fois Wadeck Stanczack ET Juliette Binoche. Quand je vous disais que j’étais un peu une actrice aussi.
Malgré tout je ne savais pas très bien ce que c’était un acteur. Jusqu’à ce que je fasse du théâtre. Et même après je ne savais pas très bien ce que c’était. Et en fait je ne ressemblais pas du tout à Mickey Rourke. Ma plus grande désillusion concernant ma supposée ressemblance avec lui est arrivé en Angleterre. Mon correspondant anglais, Ben, était gentil et pour me faire plaisir m’avait dit que je lui ressemblait. Mais sa grand mère, folle de Brigitte Bardot et ayant appris que je faisais du théâtre, avait voulu me faire un compliment et elle m’avait dit que je ressemblais à Dustin Hoffman. Je venais de voir « Rain Man ». J’ai pleuré pendant deux jours.
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