27- Confessions d'un homme dangereux.
Je n'ai pas honte de dire que mon rêve et mon but dans la vie, c'est d'être connu. Je ne le dis jamais mais je le pense tellement fort que cette envie suinte de tous les pores de ma peau. Comme si la célébrité allait m'apaiser, qu'elle allait être le remède contre mes complexes, mes frustrations. Je me suis jeté dans cette quête comme si toute ma vie en dépendait. Mais sans me donner les moyens d'y arriver. Car comme tous les gens orgueilleux, je suis incapable d'être arriviste et de calculer les choses. Moi je voudrais qu'on me remarque dans la rue. J'aurais voulu que Dominique Besnéhard m'ait remarqué le jour ou je l'ai croisé avec Valérie Kaprisky à "La nuit du Feu des pompiers de Paris". J'étais là, juste à côté d'eux, et je faisais des grands gestes maladroits pour qu'on remarque. Evidemment, il ne m'a pas vu. Je l'ai recroisé à d'autres occasions, et il ne m'a pas vu non plus. En même temps, il ne peut pas voir tout le monde, et je ne suis pas le genre de garçon que l'on remarque comme ça. C'est pour ça que je suis incapable de m'inscrire à une émission de téléréalité. Ce serait plus simple. En deux mois, je serais célèbre, et on en parlerait plus. Mais je n'ai pas le courage d'être quelqu'un d'autre pour entrer dans ce monde. Pierre Langlois y serait trés à l'aise en revanche. Mais je n'ai même plus le courage d'être Pierre Langlois. Nicolas Truffaut, lui ne serait pas à l'aise. Parce que de nous trois, c'est l'intellectuel, et qu'il est contre cette culture populaire de la célébrité factice.
7.11.05
26- Jet Set.
J'ai vu Béatrice Dalle et Christophe Honoré à l'avant première de "17 fois Cécile Cassard",j'ai ensuite croisé Christophe Honoré rue de Turbigo à Paris, Zabou Breitman, Michel Blanc et Maïwenn rue Beaubourg, pris un café et vu le concert de Prince au côté de Romain Duris, assisté au spectacle des pompiers de Paris avec Dominique Besnéhard et Valérie Kaprisky, manifesté au Palais de Chaillot avec Charlotte Gainsbourg, Yvan Attal et Sophie Marceau, pris un thé au café de Flore avec ma mère et Elsa Zylberstein, tourné une caméra caché avec Mouss Diouf et Smaïn, j'ai discuté avec Héléna Noguerra, vu Sofia Coppolla dans ma rue, j'ai été assis derrière Agnes jaoui au MK2 Quai de Seine, vu "Entre ses mains" avec Romane Bohringer et son ami, assisté à "Nulle part ailleurs" avec Jacques Gamblin, croisé Mickaël Youn et son chien dans le marais, pris le métro avec Isabelle Huppert et Bernard Menez, râté Madonna à Londres, croisé Cyrille Thouvenin à Bastille, Karin Viard rue des Francs Bourgeois, Anémone à un de mes spectacles, Marianne Denicourt à la catoucherie pour un spectacle avec Roshdy Zem, Chiara Mastroianni et Benjamin Biolay en train de s'engueuler place des Vosges, j'ai fait la fête avec Guillaume Canet, Bérénice Béjo et Jean Dujardin pour la fête de fin de tournage de "OSS117", assisté à une conférence de Claire Denis pour "Trouble every day", souris à François Ozon à l'avant première de "La pianiste", vu Marie Gillain un peu bourré au Pulp, Célia Catalifo m'a raconté sa montée des marches pour la présentation de "Tirésia" à Cannes, vu Stanislas Mehrar dans une smart grise sur l'île St Louis, fait de la figuration avec Natacha Renier et Jacques Bonnafé, déprimé devant Elodie Bouchez, je suis tombé amoureux d'Anna Mouglalis à la projection d'"Anthony Zimmer" sur les champs Elysées, j'ai voulu me faire remarquer par Jean-Jacques Beinneix au one woman show de Maïwenn, un journaliste de ciné live a voulu coucher avec moi, j'ai pris un verre avec la cour d'Eric et Ramzy au Quai Ouest à Nantes, vu le même spectacle au même moment que Jean Réno, Julette Binoche, Sagamore Stevenin, Catherine Jacob, assisté aux répétitions de Yolande Moreau et les Deschiens pour un hommage à Jacques Tati, Jean-Marc Barr m'a fait signe de ne pas venir vers lui quand je l'ai reconnu au jardin du luxembourg, j'ai apperçu Florence Thomassin assise et fumant une cigarette sur un scooter, Brian de Palma et Elli Medeiros eux aussi sur un scooter, j'ai recroisé Brian de Palma à la projection de presse de "Gangs of New York" un matin place d'Italie, et Lio m'a donné son numéro de téléphone pour que je lui envoie des textes de chansons, Marion Cotillard m'a souris dans les coulisses d'une émission de télé, j'ai vu Miou Miou chanter au concert de Camille, Bruno Putzulu rencontrer un metteur en scène au café Beaubourg, et Johnny Depp qui regardait amoureusement Vanessa Paradis sur la scène de l'Olympia.
J'ai vu Béatrice Dalle et Christophe Honoré à l'avant première de "17 fois Cécile Cassard",j'ai ensuite croisé Christophe Honoré rue de Turbigo à Paris, Zabou Breitman, Michel Blanc et Maïwenn rue Beaubourg, pris un café et vu le concert de Prince au côté de Romain Duris, assisté au spectacle des pompiers de Paris avec Dominique Besnéhard et Valérie Kaprisky, manifesté au Palais de Chaillot avec Charlotte Gainsbourg, Yvan Attal et Sophie Marceau, pris un thé au café de Flore avec ma mère et Elsa Zylberstein, tourné une caméra caché avec Mouss Diouf et Smaïn, j'ai discuté avec Héléna Noguerra, vu Sofia Coppolla dans ma rue, j'ai été assis derrière Agnes jaoui au MK2 Quai de Seine, vu "Entre ses mains" avec Romane Bohringer et son ami, assisté à "Nulle part ailleurs" avec Jacques Gamblin, croisé Mickaël Youn et son chien dans le marais, pris le métro avec Isabelle Huppert et Bernard Menez, râté Madonna à Londres, croisé Cyrille Thouvenin à Bastille, Karin Viard rue des Francs Bourgeois, Anémone à un de mes spectacles, Marianne Denicourt à la catoucherie pour un spectacle avec Roshdy Zem, Chiara Mastroianni et Benjamin Biolay en train de s'engueuler place des Vosges, j'ai fait la fête avec Guillaume Canet, Bérénice Béjo et Jean Dujardin pour la fête de fin de tournage de "OSS117", assisté à une conférence de Claire Denis pour "Trouble every day", souris à François Ozon à l'avant première de "La pianiste", vu Marie Gillain un peu bourré au Pulp, Célia Catalifo m'a raconté sa montée des marches pour la présentation de "Tirésia" à Cannes, vu Stanislas Mehrar dans une smart grise sur l'île St Louis, fait de la figuration avec Natacha Renier et Jacques Bonnafé, déprimé devant Elodie Bouchez, je suis tombé amoureux d'Anna Mouglalis à la projection d'"Anthony Zimmer" sur les champs Elysées, j'ai voulu me faire remarquer par Jean-Jacques Beinneix au one woman show de Maïwenn, un journaliste de ciné live a voulu coucher avec moi, j'ai pris un verre avec la cour d'Eric et Ramzy au Quai Ouest à Nantes, vu le même spectacle au même moment que Jean Réno, Julette Binoche, Sagamore Stevenin, Catherine Jacob, assisté aux répétitions de Yolande Moreau et les Deschiens pour un hommage à Jacques Tati, Jean-Marc Barr m'a fait signe de ne pas venir vers lui quand je l'ai reconnu au jardin du luxembourg, j'ai apperçu Florence Thomassin assise et fumant une cigarette sur un scooter, Brian de Palma et Elli Medeiros eux aussi sur un scooter, j'ai recroisé Brian de Palma à la projection de presse de "Gangs of New York" un matin place d'Italie, et Lio m'a donné son numéro de téléphone pour que je lui envoie des textes de chansons, Marion Cotillard m'a souris dans les coulisses d'une émission de télé, j'ai vu Miou Miou chanter au concert de Camille, Bruno Putzulu rencontrer un metteur en scène au café Beaubourg, et Johnny Depp qui regardait amoureusement Vanessa Paradis sur la scène de l'Olympia.
3.11.05

25- Pas sur la bouche.
Nous sommes mercredi. Jour des sorties. Je me tape un cafard carabiné.
Je suis au bord. Au bord de quoi ? En tout cas, je sens que je vais fondre en larmes d’une minute à l’autre. J’attends Emilie devant le cinéma. Nous allons voir « Pas sur la bouche » d’Alain Resnais. Elle est en retard. Ce qui m’ennuie le plus, ce n’est pas d’être déprimé, c’est que quelqu’un risque de me voir pleurer. Ça fait au moins dix ans que je n’ai pas versé une larme. Depuis que j’ai passé mon diplôme d’animateur, mon BAFA, et qu’une apprentie animatrice comme moi, sourde et muette, nous a chanté – oui, chanté – en langue des signes des chansons de Patrick Bruel et de Roch Voisine. Elle était tellement émouvante que j’en ai chialé pendant deux heures. Du coup, tout le monde s’est occupé de moi, oubliant que la star c’était la sourde et pas moi. Il m’en est resté surtout de la honte d’avoir pleuré sur une chanson de Roch Voisine. Bref, blindé comme un bolide depuis ce moment là, je n’ai pas versé une larme. En fait j’enrobe. C’est surtout que je n’ y arrive pas. J’aimerais bien pleurer de temps en temps, mais rien ne vient. Donc Emilie est en retard et je vais boire un café en l’attendant. Je m’ennuie mollement en lisant un magazine (certainement Première, le magazine du cinéma) quand je vois une jeune fille entrer dans le café avec un bonnet péruvien et des bottes vintage aux pieds. J’abandonne mon article pour l’observer , elle vient s’asseoir prés de moi, visiblement elle attend quelqu’un, Emilie arrive, me fait la bise, voit ma tronche et s’exclame « Ouh la, t’as vraiment une sale tronche aujourd’hui, qu’est ce qui ne va pas ? » Je n’ai même pas le temps d’ouvrir la bouche qu’un flot de larmes coule le long de mes joues, et que des sons dissonants sortent de ma bouche suffisamment forts pour que la jeune fille au bonnet péruvien se retourne. Et là, stupeur, la jeune fille au bonnet péruvien qui me fixe, c’est Elodie Bouchez. Je me lève, les sons sortent de ma bouche de plus en plus fort, Emilie me suit, elle ne sait pas quoi faire, Elodie nous suit, elle a les larmes aux yeux de voir un jeune homme si triste, nous entrons dans la salle de cinéma, je pleure toujours, le film commence, je souris grâce à Sabine Azéma et Lambert Wilson, je sors du cinéma, Elodie nous suit toujours, je me remet à pleurer… La scène a duré trois jours. Je n’ai jamais été aussi triste de ma vie, et il a fallu qu’une actrice soit dans les parages.
24- US Go Home.
Je rentre a Paris.
Hollywood est trop surfait. Je décide de faire la paix avec Pierre Langlois et Nicolas Truffaut. Ce n’est plus possible cette cohabitation négative. Quand on partage un corps avec quelqu’un, il faut que chacun y trouve son compte. Je me sens un peu comme dans une partouze, mais il n’ y a qu’eux qui s’amusent. Je commence a me sentir lésé. Je sens bien qu’ils se moquent gentiment de moi. Ils me prennent mes idées, se les approprient, et jouissent de la situation. Je finis par n’être que le scénariste de leurs vies. Mon histoire ne m’appartient plus.
On me demande souvent ce que je compte faire de ma vie. Sous entendu, comédien, scénariste ou réalisateur, c’est pas une vie. J’aurais tendance à répondre que j’ai déjà simplement envie de vivre, normalement, sans ces rêves de cinéma qui me mangent le cerveau, mais je ne peux décemment répondre ceci. Je passerai pour quelqu’un de résigné, et je ne veux pas me résoudre à ne plus rêver. En plus, même dans les moments les plus négatifs ou tristes de ma vie, le cinéma vient à moi, comme par magie.
Je rentre a Paris.
Hollywood est trop surfait. Je décide de faire la paix avec Pierre Langlois et Nicolas Truffaut. Ce n’est plus possible cette cohabitation négative. Quand on partage un corps avec quelqu’un, il faut que chacun y trouve son compte. Je me sens un peu comme dans une partouze, mais il n’ y a qu’eux qui s’amusent. Je commence a me sentir lésé. Je sens bien qu’ils se moquent gentiment de moi. Ils me prennent mes idées, se les approprient, et jouissent de la situation. Je finis par n’être que le scénariste de leurs vies. Mon histoire ne m’appartient plus.
On me demande souvent ce que je compte faire de ma vie. Sous entendu, comédien, scénariste ou réalisateur, c’est pas une vie. J’aurais tendance à répondre que j’ai déjà simplement envie de vivre, normalement, sans ces rêves de cinéma qui me mangent le cerveau, mais je ne peux décemment répondre ceci. Je passerai pour quelqu’un de résigné, et je ne veux pas me résoudre à ne plus rêver. En plus, même dans les moments les plus négatifs ou tristes de ma vie, le cinéma vient à moi, comme par magie.
Inscription à :
Articles (Atom)