
17- Aéroport. Avion. Peur.
Pourquoi j’ai décidé de partir comme ça, loin de tout et de tout le monde. Pour rien. Pour fuir. Encore une fois. J’ai fuis quand je suis monté à Paris, je fuis en partant en Amérique. A chaque fois j’ai eu de bonnes raisons. Je voulais être comédien et en province c’est plus difficile, donc direction Paris, et maintenant que je veux réaliser des films, je pars en Amérique. Là j’ai aussi une bonne raison puisque mon père, François Truffaut pour les étourdis, est un trop grand monument pour ma créativité en France. Mais passons. Je pars et puis c’est tout.
La dernière fois que j’ai pris l’avion, j’étais le lieutenant Vidal. C’était un petit avion militaire et je devais transporter avec le caporal Maxence une mallette remplie de produits toxiques. Mouss Diouf était dans l’avion avec nous. Il a eu très peur car nous avons eu un problème avec la mallette contenant les produits toxiques. Il a fallu qu’on retourne sur la base et que tout le personnel se fasse décontaminer. Il a eu tellement peur qu’il a voulu me casser la gueule. Je ne me suis pas démonté. Si vous avez un jour la chance de voir cette scène, vous verrez bien que je suis resté dans mon personnage de lieutenant. C’est mon côté actor studio. Ah oui, je ne vous ai pas dit que c’était une camera cachée pour M6 et que je suis donc passé à la télé. Si un jour je suis invité dans une émission de télévision, on repassera sûrement l’extrait.
Pourquoi faut t'il que je raconte cette histoire. Parce que je veux passer aux enfants de la télé ? Je le crains. C’est fou cette vanité qu’on peut avoir nous, les acteurs quant aux moindres faits et gestes de notre parcours. Je suis Jean-Claude Brialy qui raconte ses rencontres avec les stars et qui essaie tant bien que mal de se raccrocher à son passé. Encore que Jean-Claude Brialy , il a au moins des souvenirs avec Romy Schneider et Alain Delon. Moi c’est avec Serena et Mouss Diouf. Questions de génération.
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